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La victoire du Brexit annonce-t-elle celle de Trump ?

Soros prévoyait jeudi, en cas de succès du Brexit, de graves perturbations sur les marchés financiers. C’est fait ! Il faut dire qu’il s’était lui-même prémuni contre ce risque, investissant massivement il y a peu dans l’or et ses produits financiers dérivés.

Trump a donné le tournis aux gourous. Après avoir procédé à un rétablissement spectaculaire de sa campagne mercredi dernier, clarifiant son message à la suite d’une vivisection effectuée sur madame Clinton pendant quarante minutes, il réamorçait dans la foulée sa pompe à financement jusque-là cruellement en grève. Or, voici qu’il partit jeudi pour l’Écosse afin… de s’occuper de son club de golf. Et tous de se gausser de son incohérence (les médias) et de son manque de priorités électorales (les républicains)…

Erreur. À quelques semaines d’une convention républicaine peuplée de Brutus, grands ou petits, après avoir lancé une menace de candidature individuelle, Trump vient de jouer gros, misant sur son intuition du succès du Brexit ! En assistant aux premières loges à la validation in vivo du « plan Trump »…

Un plan reposant, selon le think tank transatlantiqueTransformation and Leadership sur « le maintien de la souveraineté nationale britannique, la prise en compte des intérêts (pas seulement financiers) du pays, la volonté de préserver la culture du royaume ».

Accusé d’ériger des murs, Trump a, semble-t-il, établi un pont, psychologique, entre les Anglais et les Américains. Pour paraphraser les marxistes, un pont entre les « sociétés réelles », face au glacis de la « superstructure » des oligarchies. Un pont de diversité entre des peuples insensibles aux principes abstraits. Une revanche de l’archaïsme sur le rideau de fer de « raisonneux » décalés, somme toute ?

Les commentaires « écossais » de Trump ont été sobres, présentant dans sa conférence de presse le Brexit comme « une grande chose » et la baisse de la livre comme favorable aux entreprises britanniques exportatrices. Avec ce raccourci : « Fondamentalement, ils ont reconquis leur pays », précisant ensuite que « les gens sont en colère dans le monde entier… en colère au sujet des frontières, en colère sur les gens qui entrent… et prennent le dessus, et personne ne sait qui ils sont… en colère contre beaucoup, beaucoup de choses… ». Ajoutant ensuite que cela va s’étendre géographiquement : « Ce n’est pas le dernier [pays à qui ça arrive]. » Vient sa conclusion : « J’espère que l’Amérique regarde… »

Consternation aux États-Unis. CNN vient de titrer : « Est-ce que le Brexit signale l’élection de Donald Trump ? » À voir le visage consterné d’Obama, qui s’est fait personnellement réprimander par les électeurs britanniques, on pourrait penser que oui.

Bref, un « Souverainistes de tous les pays, unissez-vous » ? Les supernovas washingtonienne et bruxelloise n’ont pas encore conscience de leur implosion. Tant qu’il restera l’OTAN…

André Archimbaud

Boulevard Voltaire

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