Le dossier des terrains de l’Etat, classé top secret depuis longtemps, continue de faire des ravages. En effet, les terrains publics vendus à des tarifs peu considérables attisent de plus en plus la controverse.
C’est à Marrakech, cette fois-ci que l’affaire a explosé. Un terrain public, situé dans la minuscule commune de Lâattaouia, cédé à seulement 511 dirhams le mètre carré. Dès lors, la section locale de l’Association pour la protection des biens publics a pris l’initiative d’adresser une requête d’éclaircissement. Elle demande, ainsi, au ministère de l’Intérieur de procéder à des investigations pour fixer les circonstances et les détails de cette affaire malencontreuse.
L’enquête entreprise, on a eu la mauvaise surprise de savoir que le prix du mètre carré dans la région, sise au centre-ville, dépasse les 1000 dirhams. Aussi, les conditions d’octroi pour ce genre de transactions n’ont-elles pas été prises en considération, à commencer par la publication d’un cahier des charges, et en allant jusqu’à la communication des noms des personnes bénéficiaires, indique un porte-parole de l’association, à laquelle se serait ajoutée la Coalition marocaine des instances de défense des droits de l’homme qui a exigé la démission du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad et du ministre de l’Economie et des Finances Mohamed Boussaïd suite à la vente d’un terrain à un montant symbolique Abdelouafi Laftit, wali de Rabat.
Transparency Maroc a également remis en cause Mohamed Boussaïd et Mohamed Hassad qui ont montré fait part de leur totale indignation quant à « l’attribution discrétionnaire de rentes et de privilèges ». Elle a fini par établir un inventaire des « autres attributaires de lots au cours des vingt dernières années ». En conséquence, un constat plus qu’alarmant « confirme que nombre d’entre eux sont connus pour avoir accumulé des fortunes considérables par de tels moyens grâce à leur proximité du pouvoir et aux abus qu’ils s’autorisent en se servant des biens publics placés sous leur contrôle ».
Jamal Khayr Eddine
