Un rapport stratégique rendu public, vendredi à Washington, par la vénérable Brookings Institution, recommande de placer le Maroc –seul pays d’Afrique du nord– et une liste sélective de pays de la région MENA tels que l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et la Jordanie, au centre de la projection de la nouvelle politique étrangère de l’Administration Trump.
Intitulé : « Construire des +Situations de force+, une stratégie de sécurité nationale pour les Etats-Unis« , ce rapport, réalisé avec la contribution d’éminentes personnalités américaines telles que Martin Indyk, Michèle Flournoy, Jake Sullivan, Robert Kagan et Stephen Hadley, entre autres, appelle l’actuelle administration à « garantir la sécurité et le bien-être » des pays qui sont des alliés traditionnels de Washington dans la région MENA comme le Maroc, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, la Jordanie, ainsi que les autres pays du CCG.
Pour ce faire, ce document bipartisan de quatre-vingt pages conçoit le déploiement de la stratégie US dans la région avec la finalité de « combattre les groupes terroristes de l’Etat islamique et d’Al-Qaida, qui ont déclaré la guerre aux Etats-Unis et à l’Occident en général, et dont la destruction figure en tête des priorités du Président Trump ».
Dans un contexte géostratégique plus large, le rapport insiste sur la nécessité pour les Etats-Unis de tenir compte du fait que le monde est plus compétitif géopolitiquement que jamais et que la région du Moyen-Orient est guettée par une menace destructrice et par le chaos.
Dans cette optique, les auteurs de ce document appellent l’Administration actuelle à « œuvrer pour redéfinir les intérêts des Etats-Unis, mais aussi à rénover et à réformer l’ordre international né au lendemain de la (2è) guerre mondiale ».
Le rapport prône, dans ce cadre, huit principes cardinaux, à savoir notamment la nécessité de comprendre la « nature compétitive de ce défi », « restaurer la confiance avec les pays alliés », « dissuader toute velléité révisionniste menaçant l’ordre international », et « faire face aux menaces imminentes à l’égard des Etats-Unis, à savoir le terrorisme et l’extrémisme violent et la Corée du nord ».
Le document appelle, par ailleurs, l’administration actuelle à créer un nouvel équilibre favorable entre ces différents domaines d’intervention, tout en mettant l’accent sur la nécessité d’adopter une posture sans concession qui n’exclut pas au demeurant « une reconnaissance prudente qui dicte de recourir par moments à des ajustements et à des compromis ».
