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Pays Bas: Un scrutin test pour l’extrême droit en Europe

Près de treize millions de Néerlandais se rendent aux urnes, mercredi, pour des élections législatives visant à pourvoir les 150 sièges de la chambre basse du Parlement des Pays-Bas.

Quelques 28 partis offrant un paysage politique fort balkanisé sont en lice pour ce scrutin, considéré par les observateurs comme ‘’déterminant’’ aux niveaux national et à l’échelle de l’Europe, au regard du poids que prend désormais l’extrême droite en Hollande, et du timing de ces élections à la veille d’échéances similaires et tout aussi cruciales dans certains pays européens où l’on enregistre également une montée de l’extrême droite.

L’on craint qu’une victoire de l’extrême droite aux Pays-Bas ne fasse tache d’huile en France et en Allemagne, notamment, l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis de Donald Trump, aidant.

Avec au total, 1.114 candidats, les formations politiques néerlandaises représentent un large éventail embrassant toutes les sensibilités politiques et autres de la population néerlandaise, allant des Libéraux, au Parti antispéciste (défendant les intérêts des animaux), en passant par les Libéraux sociaux, l’extrême droite, les socialistes, les écologistes et la formation représentant les personnes âgées et retraitées.

Mais ces législatives opposent en réalité les deux principales formations politiques du pays, en l’occurrence le Parti populaire libéral et démocrate du Premier ministre Mark Rutte au pouvoir depuis 2006 et le Parti pour la liberté (PVV) du député xénophobe et anti-islam Geert Wilders, jugé en décembre 2016 pour discrimination après avoir promis en 2014  »moins de Marocains » aux Pays-Bas. Les deux partis sont d’ailleurs donnés au coude à coude par les sondages.

Deux thèmes ont dominé le débat au cours de la campagne électorale, à savoir l’immigration et la place de l’Islam dans ce pays réputé pour sa grande tolérance et qui s’érige depuis longtemps en modèle d’intégration. Ces deux thèmes, qui cristallisent la question identitaire, ont été exacerbés entre autres, par la crise migratoire qui a secoué l’Europe à la faveur des guerres civiles qui expédient chaque jour des centaines de civils de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan vers le Vieux continent. Un flux qui a été jugulé grâce à un accord signé par l’UE avec la Turquie en mars 2016.

Les deux formations semblent surfer sur ces thématiques. La récente décision des autorités néerlandaises d’empêcher les visites de deux ministres turcs dans le pays pour faire campagne en faveur de la révision de la constitution turque, participe, selon les observateurs, de cette course pour séduire l’électorat. Les dirigeants du Parti populaire libéral et démocrate aux commandes voudraient couper l’herbe sous le pied de la formation de Wilders pour s’attirer les faveurs d’un l’électorat de plus en plus séduit par les discours anti-migration, entrainant une grave crise diplomatique avec Ankara.

Cette attitude envers la migration ne semble, toutefois, pas motivée par des difficultés économiques en Hollande où la croissance est au plus haut depuis 2007 dans le pays. Selon des statistiques officielles, l’économie du pays a en effet connu en 2016 sa plus forte croissance depuis 2007 et le PIB a affiché une croissance de 0,5 % au quatrième trimestre, alignant 11 trimestres de croissance d’affilée.

Elle est d’autant plus incompréhensible que le taux de chômage dans le pays est reparti à la baisse en décembre pour s’établir à 5,4%. L’Office central des statistiques (CBS), a souligné que la baisse de cet indicateur sur l’ensemble de 2016 avait été la plus forte depuis dix ans. Cette attitude s’origine plutôt dans des considérations identitaires.

Outre ces deux poids lourds, d’autres formations politiques sont engagées dans ces élections et gravitent autour des deux grosses cylindrées, mais s’imposent à chaque fois pour la formation du gouvernement de coalition. Parmi ces partis, il y a lieu de signaler la naissance en 2015, à l’initiative de personnalités issues de l’immigration du parti ‘’Denk’’, qui entend contrer le Parti pour la liberté de Wilders.

A deux jours du scrutin, les deux principaux protagonistes Rutte et Wilders se sont violemment affrontés, lundi soir, lors d’un débat télévisé autour des thèmes habituels. Lors de ce duel le Premier ministre Rutte a, d’emblée exclu toute coalition avec son rival, qui veut fermer les frontières des Pays-Bas aux immigrants et aux musulmans. ‘’ Je ne collaborerai pas avec un tel parti, pas dans un gouvernement. jamais », a martelé M. Rutte.

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