Après plus de cinq mois de blocage, les négociations pour la formation de la future majorité au Maroc ont finalement abouti et le nouveau gouvernement, composé de six partis, devrait être annoncé très rapidement, probablement mardi.
Le chef de gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, aura réussi là ou Abdelilah Benkiran a échoué. Il a surtout fait la concession de taille que ce dernier n’a pas voulu accepter, en incluant l’USFP de Driss Lachgar dans sa coalition.
Numéro deux du Parti justice et développement (PJD, islamiste) qui avait remporté les législatives d’octobre, M. El Othmani, avait été nommé mi-mars par le roi Mohammed VI, après le limogeage du patron du PJD.
Cette situation suscite de vifs débats au sein du PJD, après l’éviction de M. Benkirane, personnalité charismatique et artisan des succès électoraux de la formation islamiste.
Dès sa désignation, M. El Othmani avait immédiatement entamé des négociations avec les principales formations politiques représentées au parlement en vue de former un nouveau gouvernement de coalition et sortir de l’impasse.
La nouvelle majorité comprendra le PJD, son allié du Parti du progrès et du socialisme (PPS, communiste), le Rassemblement national des indépendants (RNI, libéraux), le Mouvement populaire (MP), l’Union constitutionnelle (UC) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a déclaré au cours d’une conférence de presse M. El Othmani.
« Une commission sera formée dès dimanche pour se pencher sur la désignation des ministres et l’élaboration du programme gouvernemental », a-t-il ajouté à l’issue d’une rencontre avec les chefs de ces cinq formations.
La nouvelle coalition s’appuiera sur 240 députés, sur les 395 du parlement, où le PJD compte à lui seul 125 sièges, et la majorité en requiert 198.
Selon la presse locale, l’annonce du nouveau gouvernement pourrait intervenir avant le 28 mars, date à laquelle le roi doit participer au sommet de la Ligue arabe à Amman, en Jordanie. Egalement selon la presse, le PJD a établi dès ce samedi une liste d’une trentaine de ministrables.
Disant agir « conformément à la Constitution, la démocratie et la volonté populaire », M. El Othmani a réaffirmé la détermination de tous « à accélérer la formation d’un gouvernement en mesure de relever les défis », un gouvernement qui sera « celui de l’action et dont les résultats atteindront les citoyens ».
C’est la première fois dans son histoire récente que le Maroc reste aussi longtemps sans gouvernement. Cette situation a eu néanmoins très peu d’impact sur le quotidien.
