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Le « daour », une tradition ancestrale chez les Regraga

Les Regraga viennent d’entamer, en ce début d’avril à partir de la zaouïa Sidi Ali Kourati (province d’Essaouira), leur « daour » (tour), une sorte de « pèlerinage » annuel et une tradition ancestrale perpétuée de génération en génération.

Cette pratique ancestrale, historique et patrimoniale offre chaque année à tous les Regraga un terrain fort propice, d’échange, d’union et d’ancrage des liens sociaux entre les habitants de leurs différentes régions.

Ce pèlerinage annuel de 39 jours, qui débute chaque année au printemps et lors duquel les Regraga visitent une quarantaine de sanctuaires de leurs ancêtres, revêt une grande importance aux yeux de cette confrérie.

C’est pendant ce daour, que les Regraga se déplacent à travers près de 44 étapes dans l’intention de visiter pieusement les tombeaux de quarante-quatre de leurs saints ancêtres disséminés dans la région des Chiadma (Nord d’Essaouira).

Il est à noter que la distance de ce « pèlerinage » est estimée entre 450 à 500 kms, parcourus principalement à pied ou à dos d’âne.

Le passage des Regraga est un grand jour de fête, durant laquelle ils doivent être accueillis avec honneur. De même, les régions que traverse le daour vivent conformément à la coutume sous un climat de joie sociale intense, de divertissement et de rencontre.

Chaque étape du pèlerinage donne ainsi lieu à un moussem (en l’honneur du saint concerné), qui sera organisé en parallèle avec cet événement qui puise dans l’héritage patrimonial des Regraga, et où les rituels religieux (prières, offrandes, processions) jouxtent un souk marchand où viennent s’approvisionner les gens de ces contrées reculées.

Outre cet aspect, le daour se distingue également par des pratiques véhiculant moult significations symboliques telles que les événements de sortie de la mariée et de la tente.

Notons que ce rendez-vous à la fois touristique, religieux et culturel s’achèvera cette année le 07 mai à Sidi Ali Ben Mâachou, qui se situe au sud de la région des Chiadma.

Pour cette année, le daour a marqué son début à la zaouïa Sidi Ali Kourati en présence du gouverneur de la province, Jamal Makhtatar, des élus et des adeptes des Regraga.

Le daour tire son origine du fait que les sept saints des Regraga, qui auraient visité la Mecque pour rencontrer le prophète, organisaient des visites d’un temps à l’autre pour s’assurer que la nouvelle religion (l’Islam) est enracinée dans les pratiques de leurs tribus, estiment les adeptes des Regraga.

Représentants d’un certain soufisme populaire et rural au Maroc, les Regraga forment une confédération maraboutique organisée en treize zaouïas auxquelles appartiennent tous les descendants des quarante-quatre saints, eux-mêmes issus des sept saints fondateurs.

Il est à souligner que le daour des Regraga est l’une des pratiques où se manifeste fortement le patrimoine marocain sous ses différents aspects, et qui contribue également au rayonnement maximal de la province d’Essaouira.

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