Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a limogé, dimanche, deux de ses ministres au coeur de profondes controverses, annonce la présidence du gouvernement.
Il s’agit de la ministre des Finances Lamia Zeribi et de son collègue de l’Education nationale Neji Jelloul, précise la même source dans un communiqué, sans donner de détail sur les raisons de leur renvoi.
Mme Zeribi sera remplacée par son collègue de la Coopération internationale Fadel Abdelkafi, tandis que le ministre de l’Enseignement supérieur assurera l’intérim à la tête de l’Education nationale, ajoute la même source, citée par l’agence TAP.
La ministre des Finances avait défrayé, dernièrement, la chronique par des déclarations jugées « inopportunes » sur la politique de change, accentuant la forte dépréciation de la monnaie locale.
Elle avait, notamment, fait part de « la limitation progressive » de l’intervention de la banque centrale sur le marché de change, suscitant un tollé général et essuyant les critiques du patronat (UTICA) et de la puissante centrale de l’UGTT.
Quant au ministre de l’Education nationale, il est en conflit ouvert avec les influents syndicats du secteur, depuis plusieurs mois, autour de la réforme du système éducatif, se livrant à une guerre larvée par médias interposés.
L’UGTT avait appelé le gouvernement à lui trouver « un remplaçant » pour ne pas perturber la fin de l’année scolaire et le déroulement des examens.
Le gouvernement tunisien fait face à une grogne sociale grandissante, exaspérée par l’absence de relance économique et l’aggravation des déséquilibres financiers, essentiellement un déficit budgétaire abyssal et un endettement insoutenable.
