Décidément Abdelilah Benkirane est un homme qui adore se mettre sous les feux des projecteurs. Evincé de la chefferie du gouvernement et de la direction de son parti d’une manière pour le moins humiliante, il se débat bec et ongle pour se maintenir sur « la scène » politique. Son leimotiv: encore et toujours le même discours de victimisation.
Devant le congrès de la jeunesse de son parti, il a dégainé son éternelle arme. Et cette fois, c’est le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch qui est dans le viseur. Ce dernier, pour lequel il ne tarissait pas d’éloges auparavant, est aujourd’hui l’ennemi à abattre. Dans ce registre, il succède à une longue liste d »’ennemis » qui servent de punching ball dans de longs discours où le show prend le dessus sur les idées, jugent ses détracteurs.
En présence de son succeseur à la tête du parti de la Lampe et actuel chef de gouvernement, Saâddin al-Othmani, il a focalisé sa verve sur le leadear de la formation alliée de la majorité gouvernementale qu’il a copieusement dénoncé et tenté de tourner en dérision
« Je n’ai rien contre toi, mais je veux te rappeler que la collusion entre l’argent et le pouvoir politique est un danger pour l’État », a-t-il avancé avant d’ajouter, sur son habituel ton sarcastique : « Qu’il (Akhannouch, NDLR) dévoile la voyante qui lui a dit dès maintenant qu’il sera gagnant! ».
Là, l’ex-SG du PJD fait allussion aux dernières déclarations du président du RNI qui avait affirmé que son parti allait remporter les législatives de 2021.
Répliquant indirectement à cette sortie belliqueuse, Aziz Akhannouch a déclaré: le RNI est un parti des actes et non des individus.
« Beaucoup de spectacle et peu d’idées », jugent d’autres ténors du parti de la Colombe qui ont choisi de hausser le ton estimant que les déclarations intempestives de M. Benkirane, plus est en présence du chef de gouvernement, sont de nature à saper la cohésion de la majoprité qui peine toujours à se mettre d’accord sur une charte qui régule son action.
Pour eux, M. Akhannouch est tout à fait dans son droit de faire part des ambitions du RNI pour les prochaines écheances éléctorales et qu’il n’a jamais dit qu’il comptait diriger lui-même le prochain gouvernement. Pourtant, il est tout naturel que les partis politiques ambitionnent d’arriver au pouvoir. C’est le propre même de l’action politique.
Incontestablement, ce qui irrite le plus les Rnistes est « le double discours » du PJD. La tentative d’entretenir l’idée que la sortie de Benkirane n’engage pas son parti n’est qu’une farce, indique-t-on.