Politique

Sahara: Voici la réaction de l’ONU aux accusations du Maroc

Les Nations unies ont contesté lundi des affirmations du Maroc selon lesquelles le Front Polisario a mené des incursions dans une zone tampon du Sahara, où l’ONU est chargé de surveiller le cessez-le-feu.

Le Maroc a alerté dimanche le Conseil de sécurité de l’ONU en affirmant que des combattants du Polisario étaient entrés ces derniers jours dans la ville de Mahbes, dans le nord-est du Sahara occidental, en violation d’un accord militaire établissant la zone tampon.

« Plusieurs éléments armés du +polisario+ se sont introduits dans cette zone, à bord de véhicules militaires, et y ont dressé des tentes, creusé un fossé et érigé des constructions à l’aide de sacs de sables », a écrit l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies.

Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a pour sa part rapporté que la mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) « n’avait observé aucun mouvement d’éléments militaires dans le territoire nord-est ».

« La Minurso continue de surveiller la situation de près », a-t-il ajouté.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a brandi la menace d’une réponse ferme face à des « provocations, des manoeuvres (…) du Polisario encouragé par l’Algérie pour modifier le statut de cette zone » tampon, placée depuis le début des années 1990 sous la responsabilité des Nations unies.

Ces menaces interviennent au moment où le Conseil de sécurité débat du nouveau mandat de la Minurso. La France doit présenter une proposition de résolution à ce sujet et un vote est attendu autour du 25 avril.

Dans un rapport transmis jeudi au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a demandé à nouveau au Polisario de se retirer de Guerguerat et proposé que des experts de l’ONU soient envoyés dans la zone de tension. Une offre rejetée par le Maroc.

Durant l’année écoulée, la Minurso a enregistré cinq violations par les forces marocaines et sept par le Polisario de l’accord militaire établissant la zone tampon, selon ce rapport.

En dépit des tensions, M. Guterres s’est dit « encouragé » par les efforts de son envoyé spécial pour le Sahara occidental, Horst Koehler, pour relancer des pourparlers formels, dont les derniers –sous l’égide de l’ONU– remontent à 2012.

Si aucune date n’a été évoquée, des diplomates n’excluent pas qu’ils pourraient avoir lieu plus tard cette année.

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