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Ankara annonce une série de mesures pour soutenir sa monnaie

Plongée dans une grave crise monétaire, la Turquie a annoncé lundi 13 août des mesures pour soutenir la livre, qui s’effondre sur fond de tensions avec les États-Unis.

Le président Recep Tayyip Erdogan accuse Donald Trump de « frapper dans le dos » son allié turc. Dans l’espoir de rassurer les marchés, la banque centrale de Turquie a indiqué qu’elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auraient besoin et prendrait les « mesures nécessaires » pour assurer la stabilité financière.

Un record à la baisse pour la livre

Mais l’impact de cette annonce s’est estompé quelques heures plus tard lorsque le président Erdogan a accusé les Etats-Unis de vouloir « frapper dans le dos » la Turquie, provoquant un plongeon de la livre qui illustre l’inquiétude des marchés face aux tensions diplomatiques.

La livre turque, qui a perdu cette année plus de 40 % de sa valeur face au dollar et à l’euro, s’est effondrée vendredi, faisant souffler un vent de panique sur les marchés à travers le monde. Gagnées par l’onde de choc de ce « Vendredi noir », qui a vu la livre perdre quelque 16 % de sa valeur face au dollar, les Bourses de Tokyo et Hong Kong ont fortement baissé lundi. Les principales places européennes, déjà affectées vendredi, restaient fébriles.

La monnaie a battu à nouveau un record à la baisse dans les premières heures en Asie, dépassant pour la première fois 7 livres contre un billet vert, avant de se redresser après l’annonce de la banque centrale. Mais elle s’échangeait à nouveau à 7 contre un dollar après le discours de Recep Tayyip Erdogan, perdant jusqu’à 8 % de sa valeur sur la journée.

La banque centrale a révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, dans le but d’éviter tout problème de liquidité, et indiqué qu’environ 10 milliards de livres, 6 milliards de dollars et l’équivalent de 3 milliards en or de liquidités seraient fournis au système financier.

Des tensions de plus en plus fortes

La déroute de la livre s’est accélérée au cours des deux dernières semaines en raison d’une grave crise diplomatique entre Ankara et Washington liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain, Andrew Brunson.

Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium turc vendredi : les tensions entre les deux alliés au sein de l’Otan sont allées crescendo ces derniers jours, emportant la livre turque.

« D’un côté, vous êtes avec nous dans l’Otan et, de l’autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ? », s’est emporté le président turc lors d’un discours lundi à Ankara. Outre les tensions entre Ankara et Washington, les économistes s’inquiètent aussi de la mainmise sur l’économie de Recep Tayyip Erdogan qui s’est renforcée après sa réélection en juin dernier.

Les marchés exhortent la banque centrale à redresser davantage ses taux pour soutenir la livre et maîtriser une inflation galopante, qui a atteint près de 16% en juillet en glissement annuel, mais le président s’y oppose.

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