La justice italienne a ouvert, hier samedi 25 août, une enquête contre le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini soupçonné de « séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir » dans l’affaire des migrants retenus à bord du Diciotti, qui ont finalement débarqué en Sicile où ce navire a accosté lundi soir (voir vidéo). Son chef de cabinet est visé par la même enquête qui a été déclenchée par le parquet de la ville sicilienne d’Agrigente, mais qui sera désormais menée par un « tribunal des ministres » de Palerme, le chef-lieu de cette île du Sud, selon la même source.
Cette enquête ne constitue toutefois pas un danger dans l’immédiat pour le ministre de l’Intérieur, qui est également le chef de la Ligue (extrême droite), puisque la procédure devant un « tribunal des ministres » est assez complexe. En outre, son éventuel renvoi en justice requiert l’autorisation du Sénat, où le gouvernement, dont il est également vice-Premier ministre, dispose de la majorité nécessaire pour la refuser.
La décision de la justice n’a cependant pas entamé la volonté de Matteo Salvini de poursuivre son combat contre l’immigration. « Ils [les magistrats, NDLR] peuvent m’arrêter moi, mais pas la volonté de 60 millions d’Italiens », dont la majorité semble favorable à sa politique, a-t-il dit au cours d’une réunion politique dans le nord de l’Italie. « Le prochain navire peut seulement faire marche arrière et revenir d’où il est venu, ils peuvent ouvrir une enquête contre moi pour ça aussi », a-t-il ajouté.
Salvini utilise le renvoi des migrants au Maroc pour se défendre
Matteo Salvini, a défendu la politique migratoire de l’Italie en se servant des renvois rapides de migrants au Maroc par l’Espagne.
Sur Twitter, Salvini s’est défendu de son refus de laisser les migrants bloqués en Sicile entrer en Italie. « Après avoir passé la frontière espagnole à #Ceuta et attaqué les patrouilleurs, ces messieurs ont été renvoyés au Maroc grâce à un accord international conclu il y a plus de vingt ans. Si c’est le cas en Espagne, c’est bien. Mais si je le propose, je suis raciste, fasciste et inhumain », a ainsi tweeté Salvini.
Le ministre italien fait ainsi référence à la réactivation par l’Espagne d’un accord signé en 1992 avec le Maroc et en vertu duquel le Royaume est ouvert à la réadmission des étrangers qui entrent irrégulièrement en territoire espagnol.