Dossier inédit au tribunal administratif de Rabat. Lundi 24 septembre, s’est ouvert le procès opposant deux pèlerins au ministère des Habous et des Affaires islamiques. Les premiers reprochent à l’administration « sa gestion médiocre » de la dernière campagne 2018 du Hajj.
Pour l’heure, le litige en est à ses premiers balbutiements. Au cours de cette première audience, les avocats des parties ont signé leur présence. L’instance présidée par le juge Chaouki Laazizi et composée de quatre assesseurs a décidé de renvoyer l’affaire au 8 octobre prochain.
Le but du recours est d’engager la responsabilité du département des Habous, coupable de « négligences » selon les requérants qui appartenaient à la délégation 108, regroupant plus de 2.500 pèlerins.
« L’opacité » du ministère sur le programme du pèlerinage arrive en tête des griefs. Les deux pèlerins fustigent, notamment, « l’absence de transparence sur les dépenses du Hajj », le défendeur n’ayant selon eux jamais « donné de précision sur le logement, le transport, ou de supervision religieuse, sanitaire et administrative ».
Il est également question d’absence « de moyens de transport en adéquation avec les standards exigés par l’Arabie saoudite ». Les demandeurs évoquent ainsi des bus « délabrés et inadaptés », cumulant « les pannes » sur la route.
Parfois, « le nombre d’autobus ne correspondait pas à celui des pèlerins, ce qui a entraîné une surpopulation, ainsi que l’incapacité d’un groupe de pèlerins à utiliser les bus de la délégation officielle. Résultat: certains ont été contraints soit de marcher, soit d’utiliser des bus de transport privés, s’ils n’ont pas fait le trajet debout », déplorent-ils.
Selon les requérants, les pèlerins ont été confrontés à une « importante pénurie d’installations sanitaires à Mina, ce qui a provoqué de longues attentes ». Quant aux tentes, leur « capacité était insuffisante eu égard au nombre des pèlerins », qui ont dû une fois faire face à une fuite d’eaux usées mettant en péril leur santé, accusent-ils.
Fait curieux: Les requérants racontent avoir subi des pressions du ministère, afin « de signer un engagement consistant à ne pas protester » d’une quelconque anomalie lors du pèlerinage. Ce qui prouve, selon eux, que l’administration avait « connaissance préalable du manque de qualité de ces services ».
Le séjour et toute la logistique des groupes de pèlerins, y compris la nourriture, sont désormais gérés exclusivement par l’Arabie saoudite, quelle que soit la nationalité des pèlerins.