La crise des réfugiés en Europe continue mercredi de susciter les commentaires de la presse européenne, qui se fait notamment l’écho de la réforme controversée du droit d’asile au Danemark et des divergences sur cette question au sein de la coalition au pouvoir en Allemagne.
En Belgique, Le Soir, qui rapporte que le Parlement danois a adopté mardi à une écrasante majorité sa réforme décriée du droit d’asile, écrit que cette loi vise essentiellement à décourager les migrants de tenter leur chance dans le pays.
La réforme, accusée par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies de nourrir ‘la peur et la xénophobie », prévoit de confisquer les effets de valeur des migrants, de diminuer leurs droits sociaux, et d’allonger les délais de regroupement familial et d’octroi du permis de séjour permanent, indique le journal.
Le Vif relève de son côté que malgré la réprobation de l’ONU, de l’UE et des organisations humanitaires, le gouvernement danois n’a pas plié.
Copenhague pointe souvent du doigt son voisin suédois qui, en laissant sa porte grande ouverte jusque récemment, a créé un énorme appel d’air, ajoute-il.
Sous le titre ‘le Danemark tel qu’on ne l’aime pas », la Libre Belgique estime que si l’on peut comprendre que le Danemark, l’un des Etats européens accueillant le plus grand nombre de demandeurs d’asile par habitant, veuille réduire la pression, on ne peut supporter que cela se fasse sans un minimum d’humanité et d’empathie.
Si l’objectif est de faire participer le réfugié à son accueil, il existe des moyens nettement plus respectueux des valeurs européennes, note le quotidien.
En Allemagne, la presse commente la menace brandie par le parti de l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise de saisir la justice si le gouvernement n’agit pas pour réduire l’afflux de migrants et réfugiés en Allemagne.
Landeszeitung déplore les frictions actuelles au sein de l’Union chrétienne, qui comprend l’Union chrétienne démocrate de la Chancelière allemande Angela Merkel et le parti social démocrate, notant qu’au lieu de poursuivre le dialogue, Horst Seehofer, président de la CSU, a choisi l’escalade.
Tagesspiegel estime que malgré cette tension, Angela Merkel ne compte pas renoncer à ses efforts visant le règlement de la crise des réfugiés de manière globale et dans un cadre européen.
Nürnberger Nachrichten souligne dans ce sens que Horst Seehofer ne doit pas s’attendre à ce que sa lettre force la Chancelière à se plier à ses conditions, estimant que ses revendications servent avant tout ses intérêts partisans.
Thüringischen Landeszeitung considère par contre que la situation actuelle dans laquelle se trouve la chancelière allemande risque d’avoir de nombreux ‘effets collatéraux ».
En Espagne, les principaux journaux se focalisent notamment sur l’arrestation de l’ex-dirigeant du Parti populaire (PP) dans la région de Valence (Est de l’Espagne), Alfonso Rus, dans le cadre d’une enquête sur un présumé réseau de corruption.
Le quotidien El Mundo écrit que Rus est accusé d’avoir obtenu des commissions en échange de contrats de travaux publics, précisant qu’autres 23 personnes, dont la plupart sont liées à l’administration régionale de la province de Valence, ont été également arrêtées lors de cette vaste opération anticorruption baptisée Taula.
El Pais indique que les autorités judiciaires ont ouvert une enquête sur la possible implication de l’ancienne mairesse de la ville de Valence, la conservatrice Rita Barbera, dans cette trame de corruption qui a été démantelée mardi par la Garde civile espagnole.
Son confrère La Razon souligne que la direction du Parti populaire a procédé à la suspension des membres de la formation de droite qui ont été accusés de corruption, ajoutant que les autorités espagnoles ont refusé de révéler les identités des personnes impliquées dans cette affaire.
Le journal madrilène ABC, qui rappelle que l’opération a été lancée sur la base d’une plainte déposée par le gérant d’une entreprise de Valence, note que d’autres arrestations ne sont pas écartées, tout en faisant observer que les activités illicites de ce réseau de corruption remontent à plusieurs années.
En Outre-manche, la presse s’intéresse à la mort du chanteur britannique, Colin Vearncombe, au comportement de la chaîne britannique de supermarchés Tesco envers ses fournisseurs et aux relations euro-britanniques.
Le quotidien Guardian se fait l’écho de la mort du chanteur britannique, Colin Vearncombe, à l’âge de 53 ans, deux semaines après avoir été victime d’un accident de voiture en Irlande qui l’avait laissé dans un état critique.
Vearncombe avait été hospitalisé à la suite de cet accident survenu le 10 janvier près de l’aéroport de Cork, en Irlande. Placé en coma artificiel, il souffrait de lésions au cerveau, souligne le journal, rappelant que le chanteur était aussi peintre et poète.
Le Daily Telegraph revient sur les conclusions du rapport publié par les autorités britanniques sur les relations commerciales de la chaîne britannique de supermarchés Tesco envers ses fournisseurs.
‘Tesco a volontairement retardé le paiement de ses fournisseurs afin d’améliorer sa propre position financière », souligne le rapport cité par le journal, rappelant le scandale comptable ayant secoué en 2014 ce groupe, accusé de surestimer ses bénéficies.
Quant au quotidien Independent, il met en avant les propos de l’ancien Premier ministre britannique travailliste Tony Blair, qui s’inquiète d’une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
En France, divers sujets alimentent les premières pages des journaux. Le Monde revient sur la question de la réforme attendue du Code du travail en France, estimant que le futur texte du code, tout en préservant les droits fondamentaux des travailleurs, doit donner aux entreprises et aux salariés ‘plus d’espaces de liberté pour opérer les adaptations nécessaires » à l’économie de demain.
De son côté, Libération s’intéresse aux relations avec l’Iran à l’occasion de la visite officielle du président iranien Hassan Rohani en France, soulignant que si l’accord du 14 juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien permet à Téhéran de réintégrer la communauté internationale, le régime théocratique en Iran n’a pas changé, avec les conservateurs et le Guide de la révolution qui verrouillent toujours le pouvoir.
‘Ce pari de l’ouverture mérite néanmoins d’être tenté, car une bonne partie de la société civile iranienne presse pour une démocratisation », estime le quotidien.
Pour sa part, Le Figaro critique le film ‘Salafistes », un documentaire controversé mettant en scène des images de propagande djihadiste livrées sans commentaire. La ministre de la Culture Fleur Pellerin doit statuer sur le sort de ce film, qui pourrait être interdit aux moins 18 ans.
Pour le journal, il s’agit d’un film violent et ambigu et qui flirte avec l’apologie du terrorisme, soulignant qu’il est ‘révoltant de constater que France Télévisions (le groupement audiovisuel public) ait coproduit Salafistes, donc financé l’innommable avec l’argent public ».