Arrêté lundi à sa descente d’avion à Tokyo, le PDG de Renault a été emprisonné au centre de Kosuge. Il peut passer entre 12 et 22 jours en garde à vue.
Pour le capitaine d’industrie, soupçonné d’avoir dissimulé une partie de ses revenus au fisc japonais, c’est un marathon judiciaire qui s’annonce. Carlos Ghosn a été arrêté lundi à Tokyo à sa descente de son avion privé. Comme l’a expliqué Masako Suzuki, avocate japonaise au cabinet Izumibashi, aux Échos : « ce sont les agents de l’unité spéciale d’enquête du bureau du procureur de Tokyo qui ont procédé directement à son interpellation », signifiant le début de sa garde à vue avant qu’il ne soit conduit dans la soirée à un procureur.
Carlos Ghosn a ensuite été amené au centre de détention de Kosuge, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Tokyo, que Le Figaro décrit comme « sinistre ». La « lessiveuse judiciaire japonaise », ajoute le quotidien, est « bien connue des organisations de défense des droits de l’homme ». Le président de Nissan et de Mitsubishi est probablement seul dans sa cellule, précise-t-il. Son avocat a été prévenu directement par la police. S’il pourra le rencontrer, Masako Suzuki précise : « Le conseil n’a aucunement le droit d’assister son client pendant ses auditions chez le juge ».
Des conversations uniquement en japonais
Pendant cette période de garde à vue, Carlos Ghosn va aussi être quasiment privé de ses proches. « Le suspect ayant droit, pendant les jours de semaine seulement, à une visite d’un ou plusieurs proches pendant quinze minutes maximum. Mais l’ensemble de leur conversation devra se faire exclusivement en japonais, devant un policier », détaille Masako Suzuki aux Échos. Le Figaro précise que Carlos Ghosn parle très peu japonais et sa femme Carole, « pas du tout ». De plus, l’avocat Taku Nomiya explique au quotidien que « le juge va probablement lui interdire de recevoir des journalistes et toute autre personne extérieure au motif du risque de destruction des preuves ».
Cette période de détention, qui a été formalisée mercredi par un juge, va durer au moins dix jours de plus. Pendant ce temps, l’homme d’affaires peut être interrogé par le procureur. Ce dernier peut ensuite demander au juge une prolongation de dix jours de cette garde à vue. À l’issue de ces 22 jours maximum, il peut mettre Carlos Ghosn en examen ce qui ouvre la porte à une négociation de libération sous caution ou bien ne pas le faire faute d’éléments suffisants. Mais Masako Suzuki conclut : « dans le cas de Carlos Ghosn, c’est très peu probable ».