La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) n’a pas du tout réagi à une lettre du ministre de la Santé, Anas Doukkali, visant à interdire l’émission « Hdi Rassek » animée par le journaliste Mohamed Ammora sur les ondes de la radio nationale.
Par sa démarche, Doukkali tentait d’interdire l’émission du samedi 31 août qui devait être consacrée à la chirurgie esthétique, mais c’était en vain car seul le chef du gouvernement a le droit de saisir la HACA ce qui protège justement les opérateurs contre les tentations de censure de la part de l’Exécutif.
«L’histoire retiendra que vous êtes le premier ministre marocain à porter plainte contre un journaliste marocain ayant fait son devoir professionnel de dénoncer la corruption dans le cadre du droit à la liberté d’expression inscrit dans la Constitution marocaine, et le premier ministre à demander la fin de la diffusion d’un programme radiophonique dont le contenu n’est pas encore connu», avait écrit le journaliste, dénonçant une «ingérence flagrante» dans les missions de la presse.
La plainte de Doukkali venait seconder une autre plainte déposée par le Conseil national de l’ordre des médecins contre l’animateur radio. Objet de la plainte : « des jugements de valeur et des accusations gratuites contre la pratique de la médecine au Maroc » dans l’émission diffusée le samedi 24 août sous le titre « La trahison des médecins ». Or, et à quatre reprises, le journaliste avait prévenu les auditeurs : les propos critiques ne concernent que les médecins peu sérieux, voire véreux.
Samedi dernier, Ammora a diffusé un nouvel épisode de son émission qui ne portait pas sur la chirurgie esthétique mais sur un autre thème. La chirurgie esthétique n’ayant pas été programmée pour ce jours-là, contrairement aux dires du ministre de la Santé. Il s’agissait uniquement d’une promesse de traiter ce thème.