Le nombre de Canadiens partis rejoindre les rangs d’organisations classées « terroristes » par Ottawa est passé de 130 à 180 depuis deux ans, a révélé, mercredi, le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Michel Coulombe.
« Le nombre total de personnes impliquées à l’étranger dans des activités menaçantes -et je ne parle pas uniquement de l’Irak et de la Syrie- est probablement autour de 180 », a déclaré M. Coulombe, cité par le quotidien « The Globe and Mail ».
M. Coulombe a fait savoir qu’une centaine d’entre eux se trouvent en Irak et en Syrie, précisant que ces Canadiens sont impliqués dans diverses activités au sein de ces organisations terroristes.
« Certains combattent sur le terrain, d’autres reçoivent une formation, aident à la collecte de fonds pour financer les attaques, font la propagande d’idées radicales ou planifient des actes terroristes », a-t-il ajouté.
« De tous les combattants partis à l’étranger, une soixantaine sont revenus au Canada », a souligné le chef du SCRS.
De son côté, le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson, a affirmé que chacun d’entre eux est interrogé par les autorités une fois de retour au pays et, « dans certains cas, sont surveillés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ».
Lors de son témoignage mercredi devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, M. Coulombe a, d’autre part, reconnu que le SCRS utilise certains pouvoirs acquis suite à l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi anti-terroriste mise sur pied par le gouvernement conservateur sortant, notant que cette loi permet à titre d’exemple de « neutraliser un téléphone intelligent, stopper certaines transactions financières ou d’interroger une personne soupçonnée de vouloir commettre un acte terroriste ».
Toutefois, le nouveau gouvernement libéral veut revoir certains aspects de cette loi controversée. Dans ce cadre, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a annoncé son intention de créer un Centre national de prévention de la radicalisation dans le même esprit que celui mis en place à Montréal par le gouvernement québécois.
