Le public qui s’est déplacé au Grand stade d’Agadir pour supporter le Hassania d’Agadir qui entamait la phase des poules de la coupe de la CAF par une confrontation contre les Nigérians d’Enyimba, a arboré, tel les fameux « Blacks blocs », des tenues noires en signe de contestation contre la gestion du club Soussi, dont a fait les frais récemment l’entraîneur argentin Miguel Angel Gamondi.
L’éviction du technicien argentin révèle que l’amateurisme doublé d’un je-m’en foutisme a encore de beaux jours devant lui au sein du club, s’accordent à dire plusieurs observateurs et supporters du club qui regrettent le départ de Gamondi, décidé par le président Sidinou avec la bénédiction de la secrétaire administrative qui avait déclaré la guerre à l’Argentin, alors que le reste des membres du comité directeur font rôle de figurants sans aucun poids.
Cette chute de Sidinou n’est pas un accident de parcours, mais au contraire elle vient appuyer le constat d’un échec chronique dont les manifestations sont diverses et nombreuses à commencer par la composition du comité directeur qui comprend des membres sans aucune valeur ajoutée pour le club, qui se contentent de valider les décisions prises par le président et le secrétaire général et qui ignorent tout sur les contrats des joueurs, des entraîneurs et du personnel administratif, comme en témoigne plusieurs sources au sein du club.
À l’ère où le football national opère un virage vers le professionnalisme et où les clubs sont appelés à se convertir en société anonyme et se pencher sur un modèle économique à même de leur garantir la stabilité, les réunions du Hassania union sport d’Agadir virent souvent aux règlements de compte entre les membres, situation qui pousse Sidinou à agir en pompier pour éteindre les feux, surtout les flammes émanant de la secrétaire administrative et qui ciblaient Gamondi.
Sidinou, l’homme qui dirige plusieurs sociétés, s’est montré incapable de se constituer une équipe comptant des cadres financiers capables d’élaborer le rapport financier, à l’instar de clubs aux dimensions beaucoup plus petites que le Hassania. L’actuel trésorier et son adjoint ne peuvent rien sans l’aval de la secrétaire administrative. Ils devaient attendre son retour, parce qu’elle avait décidé de bouder le club pendant un temps, pour traiter les bons d’essence, factures d’hôtels, contrats de joueurs, factures d’eau et d’électricité, les classer en sections et les inclure dans un rapport qui sera unanimement approuvé comme à l’accoutumée.
L’éviction humiliante de Gamondi et les sorties médiatiques ratées qui l’ont suivie du secrétaire général ont jeté de l’huile sur le feu du conflit qui oppose le public sportif d’Agadir et le comité directeur du HUSA (entendez le président et le secrétaire général) alors que toutes les composantes sportives ambitionnaient de parachever le projet du club consistant à préparer les catégories minimes pour assurer à l’équipe A son auto-suffisance en joueurs formés au haut niveau, mais c’était sans compter sur les coups d’humeur du président qui va signer un contrat avec un entraîneur connu pour son appétit pour les résultats courtermistes et sa négligence de la formation et des catégories minimes.
Le dernier épisode de Gamondi a levé le voile aussi sur l’incompétence criante de la commission de la communication qui s’est éclipsée au profit du secrétaire général qui a dominé le paysage à un moment où le site officiel du club s’est muré dans un silence des plus contrastants. Ladite commission s’est réduite à délivrer les cartes d’accréditation à la presse suscitant un tollé à chaque fois à cause de la présence de personnes étrangères au corps médiatique sur les bancs de la tribune de la presse.
La démission du membre du comité directeur et président de la commission des jeunes, Abdellah Tidrarine, a jeté également la lumière sur les maux qui rongent le foyer du Hassania dont les affaires sont gérées exclusivement par le trio: président-secrétaire général-secrétaire administrative, tandis que le reste des membres se contentent d’accomplir les petites tâches et de figurer à côté du président et du SG lors des rencontres du club.
Le public d’Agadir se souviendra longtemps de la finale de la Coupe du Trône à Oujda et la préparation digne d’amateurs à commencer par le choix d’un hôtel situé au centre de la ville, au moment où les dirigeants du TAS ont opté pour Saïdia, et les voyages individuels des membres du comité dirigeant contrairement au comité du club casablancais qui s’est déplacé collectivement. À cela s’ajoute la gestion du déplacement du public via les autocars mis à la disposition du club par le sponsor et les tensions entre les adhérents…autant de signes qui annonçaient la défaite du club et la frustration de son public désireux de remporter la coupe du Trône pour la première fois dans l’histoire du club soussi.
L’atmosphère de plomb qui régnait à Oujda avait atteint son paroxysme après l’engueulade entre le président et l’entraîneur qui a qualifié Sidinou de « menteur » après qu’il n’ait pas tenu sa parole de mettre à l’écart la secrétaire administrative. Cette dernière est revenue au devant de la scène plus forte qu’avant et a imposé le changement du lieu de résidence des jeunes du club ce qui suscité la colère de Gamondi.
Une atmosphère de plomb qui a déboussolé les joueurs et le staff technique et dont la rencontre cruciale face à des joueurs hyper motivés du TAS s’est soldée par une défaite…
Le lendemain de cette défaite, le duo président-secrétaire général s’est empressé de limoger l’entraîneur alors que ce dernier s’apprêtait lui-même à déposer sa démission, portant par le même un sérieux coup à la trésorerie du club étant donné qu’il est désormais dans l’obligation de payer une somme importante en indemnisation de rupture de contrat avec l’Argentin.
Le limogeage de Gamondi a suscité une forte réaction des supporters surtout après la signature d’un contrat en un temps record avec Mhamed Fakhir qui a été aperçu un mois avant au stade d’Adrar. Une présence interprétée aujourd’hui comme un complot contre Gamondi qui était dans la ligne de mire de la secrétaire administrative.
La réaction du public n’a pas tardé et les supporters continuent à observer des sit-in devant le siège du club à l’avenue Hassan II, réclamant le retour de Gamondi et le départ de la secrétaire administrative et menaçant de boycotter les rencontres de l’équipe.