Les élections primaires aux Etats-Unis, le report de l’examen par le gouvernement français du projet de loi sur la réforme du droit du travail, la situation politique en Espagne et le procès contre le Parti national démocrate néo-nazi en Allemagne, sont les principaux sujets qui dominent mercredi la presse européenne.
Les quotidiens helvétiques commentent les primaires démocrates et républicaines aux Etats-Unis pour lesquelles Donald Trump et Hillary Clinton sont les grands favoris.
Sous le titre ‘mais qui arrêtera le phénomène Trump? », la Tribune de Genève estime que le temps est compté pour les conservateurs anti-Trump, notant que la prise de position de certains sénateurs s’apparente à une tentative désespérée de freiner le milliardaire new-yorkais dans sa prise de contrôle du parti.
‘Ces efforts tardifs reflètent le fait que beaucoup de monde au sein du parti républicain a sous-estimé la capacité de Donald Trump à traduire sa popularité médiatique en voix décisives », ajoute la publication.
Le Temps écrit de son côté que l’homme d’affaires ‘ne s’attend pas à un sacre, mais presque » lors des primaires républicaines dont il espère sortir comme l’irrépressible favori pour l’investiture de son parti.
Le verdict des urnes, relève le journal, ne sera pas final dans la course des primaires, mais la sentence pourrait être sévère voire éliminatoire pour les quatre rivaux républicains du promoteur immobilier.
Son confrère 24Heures fait observer que jamais Donald Trump n’avait été aussi haut dans un sondage, en montrant que les abandons d’autres candidats ces dernières semaines lui bénéficient. Tout cela montre, selon le quotidien, que sa cote dans les sondages n’était pas qu’un mirage et a réussi à ratisser large, des conservateurs aux républicains modérés.
La course à la Maison blanche fait également l’essentiel des commentaires de la presse belge.
Dans un article intitulé ‘Donald Trump fissure le Parti républicain », Le Soir indique que le milliardaire new-yorkais entendait poursuivre sa marche triomphale aux primaires du ‘Super Tuesday » et rendre peu à peu son investiture incontournable pour la finale de novembre.
Le journal note que l’unité de façade du Parti républicain se fissure depuis des semaines face à la montée en puissance du plus inattendu des favoris à la nomination présidentielle, Donald Trump, relevant qu’avec le raz-de-marée escompté en faveur de celui-ci lors du ‘Super Tuesday », un sauve-qui-peut général pourrait même se faire jour, précipitant le Grand Old Party dans la plus grave crise existentielle de son histoire.
Sous le titre ‘le Super Tuesday faiseur de président », La Dernière Heure écrit de son côté que le fait de remporter le Super Tuesday est bien souvent une étape décisive dans la course à l’investiture, soulignant que le verdict des urnes d’hier peut d’ores et déjà livrer les noms des candidats républicains et démocrates qui s’affronteront le 8 novembre prochain.
Même analyse de la part de La Libre Belgique qui indique que l’insolent » succès de Donald Trump dans la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine continue de surprendre, notant que le Super Tuesday d’hier devrait donner un indicateur très sérieux quant à la suite de sa campagne.
En France, la décision du gouvernement de reporter l’examen en conseil des ministres du projet de loi sur la réforme du droit du travail qui fait polémique retient l’attention de la presse quotidienne.
‘Reculer pour ne pas sauter », écrit Le Monde qui souligne que devant la contestation qui se généralise à gauche, aussi bien sur le front politique que syndical, l’exécutif a décidé de reporter la présentation en conseil des ministres du projet de loi sur la réforme du droit du travail.
Il y avait urgence pour l’exécutif à gagner du temps, tant le futur projet de loi porté par la ministre du travail, Myriam El Khomri prenait chaque jour un peu plus l’allure d’un accident industriel, relève le journal, expliquant que la menace agitée durant le week-end par la CFDT de rejoindre l’appel de l’intersyndicale à la mobilisation des salariés, ajoutée à une contestation croissante dans le monde étudiant et au malaise évident d’une grande partie de la majorité, ont convaincu l’exécutif d’envoyer un signal d’apaisement.
Sous le titre ‘Loi El Khomri : Manuel Valls prépare la reculade », Le Figaro indique que déjà reporté de quinze jours, le projet de loi va donc affronter la moulinette d’un séminaire socialiste avant de passer sous les fourches caudines des syndicats.
‘Autant dire qu’il risque bien de ne pas en rester grand-chose à la sortie. C’est en tout cas l’espoir des principaux opposants au texte », estime la publication, faisant savoir que pour l’heure, et en dépit des évidences, Manuel Valls récuse l’idée d’une loi édulcorée ou retirée.
En Espagne, les journaux consacrent une large plage au débat d’investiture qui s’est ouvert mardi au Congrès des députés avec un discours du secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez.
‘Sanchez oblige Podemos à choisir entre lui et Rajoy » titre à la Une le quotidien El Pais, précisant que le secrétaire général du PSOE a appelé le parti d’extrême à prendre part au ‘changement » dont l’Espagne a besoin.
Pour sa part, El Mundo relève que Sanchez a lancé, dans son discours, un appel à Podemos pour le rejoindre dans l’objectif de barrer la route au Parti Populaire et l’empêcher de tenter de former prochainement un gouvernement.
‘Sanchez cherche des coupables au lieu de chercher des appuis » a titré le quotidien ABC, estimant que le discours du chef des socialistes, qui a été ‘vide de toute proposition », a essayé de responsabiliser Podemos du blocage politique actuel.
La Razon note que Sanchez a demandé le vote de Podemos dans un discours qui n’a même pas convaincu les militants de son propre parti.
En Allemagne, la quasi-totalité des journaux a consacré ses commentaires au procès qui vient de s’ouvrir devant la cour constitutionnelle pour l’interdiction du Parti national démocrate (PND-néo-nazi).
Neue Presse indique que le Parti national démocrate sortira renforcé au cas où la plus haute juridiction du pays ne se prononce pas en faveur de son interdiction. Le journal émet l’espoir de voir la formation néo-nazie dissoute car dans le cas contraire cela portera un coup dur au système démocratique allemand.
Son confrère Schwabische Zeitung écrit que la disparition du Parti national démocrate de l’échiquier politique allemand aura une grande signification pour l’ensemble du pays, notant qu’au cas où la cour décide le contraire, ceci va renforcer davantage la légitimité de la formation néo-nazie qui cherchera à engranger de nouveaux acquis et à consolider sa position sur la scène politique allemande.
Munchner Merkur souligne pour sa part qu’après des années de discussions sur l’interdiction du Parti national démocrate, l’influence de ce dernier se fait de plus en plus sentir surtout dans une conjoncture marquée par l’arrivée en Allemagne de milliers de réfugiés et de migrants, notant que les idées xénophobes défendues par la formation néo-nazie qui cultive la peur de l’étranger trouvent de plus en plus d’échos favorables parmi certaines franges de la société.
La presse néerlandaise analyse les informations selon lesquelles Daesh aurait exécuté huit jihadistes néerlandais à Ma’dan en Syrie suite à un différend entre ces derniers et les services de sécurité de l’organisation terroriste.
Le NRC rapporte que les services de renseignement néerlandais ont ouvert une enquête pour vérifier les allégations faisant état de l’exécution par Daesh de huit jihadistes néerlandais accusés de sédition.
L’information a été rapportée par des activistes syriens de l’organisation ‘Raqqa est massacrée en silence » sur Twitter, indique le journal, ajoutant qu’aucune autre organisation n’a confirmé ces informations.
De Volkskrant, qui indique que le coordinateur national contre le terrorisme (NCTV) était au courant de ces informations sans pour autant les confirmer, estime que les affirmations des activistes en question étaient infondées citant l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Le journal souligne qu’un responsable de l’OSDH, a nié catégoriquement la présence de ressortissants néerlandais dans la ville de Raqqa.(MAP)
En Italie, les principaux quotidiens consacrent leurs Unes aux chiffres publiés par l’Institut national des statistiques (Istat) relatifs à la croissance de l’économie italienne qui a augmenté de 0,8 % en 2015 après trois ans de récession.
‘PIB et emploi, signes de reprise » titre Il Messaggero, soulignant que pour la première fois, après trois années successives, le PIB a augmenté de 0,8 % après une contraction de 0,3 % en 2014.
Le gouvernement prévoyait pour 2015 une croissance de 0,9 % et table en 2016 sur une hausse de 1,6 % du PIB, fait observer le journal qui cite l’Istat qui attribue cette évolution surtout à une hausse de la consommation.
Corriere della Sera commente également les chiffres annoncés par l’Institut, relevant que quelque 300 mille emplois ont été créés au cours de 2015.
Pour le chef du gouvernement, Matteo Renzi, ces chiffres ‘vont au-delà des prévisions », ajoute le journal selon lequel ce dernier a annoncé ‘une nouvelle baisse des impôts en 2017 ».
La Repubblica écrit que le déficit budgétaire a, quant à lui, été contenu en 2015 à 2,6 % du PIB, chiffre prévu par le gouvernement, donc sous le plafond de 3 % prévu par les règles européennes, qu’il avait atteint en 2014.
La dette publique a cependant atteint un nouveau pic à 132,6 % du PIB, après 132,5 % en 2014, sans pour autant atteindre la prévision gouvernementale de 132,8 %.
Selon le journal, outre l’annonce d’une baisse des impôts en 2017, le gouvernement compte surtout donner un coup d’accélérateur à la réforme de la justice.
En Outre-manche, la presse s’intéresse à l’un des accusés dans l’attentat d’Omagh, le plus sanglant du conflit nord-irlandais, à la découverte scientifique ayant permis d’identifier les gènes qui rendent les cheveux gris et au retrait de la banque Barclays de l’Afrique.
Le quotidien Guardian revient sur la décision de la justice irlandaise d’abandonner les charges contre le seul suspect restant dans l’enquête sur l’attentat sanglant commis en 1998 à Omagh, faute de témoin crédible.
Seamus Daly, 45 ans, membre présumé du groupe IRA-véritable, avait été arrêté en avril 2014 et inculpé pour le meurtre des 29 personnes tuées dans l’attentat à la voiture piégée commis le 15 août 1998 dans une petite rue d’Omagh, rappelle le journal.
Le Daily Telegraph se fait l’écho de la découverte scientifique ayant permis d’identifier le gène qui rend les cheveux gris. Les chercheurs savent depuis longtemps que les cheveux deviennent gris car les cellules produisent de moins en moins de mélanine avec l’âge.
Mais c’est la première fois que les scientifiques parviennent à identifier avec précision le gène qui fait grisonner, indique le journal, en citant les conclusions d’une étude réalisée par l’université College London.
Quant au Financial Times, il jette la lumière sur la décision de la banque britannique Barclays de se retirer du continent africain après avoir accusé une perte de 500 millions de dollars en 2015.
D’ici deux ans, la banque britannique va céder sa participation dans sa filiale Barclays Africa, présente dans douze pays d’Afrique où elle compte près de 12 millions de clients, souligne la publication.