Un vibrant hommage a été rendu, samedi soir à Tétouan, au réalisateur marocain Daoud Oulad Sayed, en ouverture de la 22ème édition du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan (FICMT).
Après la projection de séquences des films du réalisateur Daoud Oulad Sayed, le critique de cinéma et réalisateur Abdelilah Eljaouhary a assuré que ce metteur en scène « aux convictions de création diversifiées » a réussi à marquer de son empreinte la scène artistique et le cinéma méditerranéen.
Il a affirmé que Oulad Sayed est « une création marocaine authentique » soucieux, à travers ses œuvres, de créer « une beauté cinématographique moderne », saluant le travail qu’il a réalisé avec Mohamed Bouanani et qui a été couronné par la publication de leur livre « Majalat Allahda » (Territoires de l’instant) (2000).
Dans une déclaration à la MAP, Daoud Oulad Sayed a exprimé son immense joie pour cet hommage qui a un goût spécial du fait qu’il lui a été rendu par un festival auquel il participe depuis les années 1985, avant même d’entamer la réalisation des films.
Titulaire d’un doctorat en sciences physiques de l’Université Nancy en France, Daoud Oulad Sayed est un artiste photographe, qui a réalisé son premier long métrage « Bye Bye Suerte » en 1988, puis « Oud Rih », « Tarfaya », « Adieu Forain », « En attendant Pasolini » et « Ljamaa ».
L’ouverture de cette édition a été aussi marquée par la projection du film « Mediterranea » de l’Italien Jonas Carpignano, signe d’adhésion du festival à son environnement régional et de son engagement à mettre en avant les tragédies de la Méditerranée racontées par le 7ème art.
Ce film relate l’histoire d’un migrant clandestin « Ayivah » qui, ayant quitté le Burkina Faso en quête d’une vie meilleure, gagne l’Algérie, puis la Libye avec son ami Abas. Après avoir affronté de multiples dangers, traversé le désert à pied ou sur le toit de camions bondés, et pris la mer sur une embarcation de fortune, ils finissent par atteindre le Sud de l’Italie. Commence alors un deuxième parcours de combattant pour ces survivants clandestins, sans logement, sans emploi.
Le vice-président du festival, Noureddine Bendriss, a souligné que la culture et les arts participent, comme d’autres secteurs, au développement durable et à la création des opportunités pour les jeunes de la ville, saluant la présence d’artistes belges malgré la situation difficile que traverse leur pays, suite aux attentats terroristes perpétrés à Bruxelles.
Cette cérémonie a été également émaillée de la présentation des jurys des compétitions du long métrage, présidé par le réalisateur et producteur espagnol, Luis Minarro, qui a réalisé environ 23 films, du court-métrage, présidé par le critique et journaliste égyptien, Amir Emary, ayant rédigé 14 livres autour du cinéma, et du documentaire, chapeauté par la cinéaste belge Karine de Villers.
Par la suite, l’assistance a suivi des projections de séquences des longs et courts métrages et des documentaires en lice lors de cette édition.
Fait nouveau pour cette édition, la création du « Prix Mustapha Mesnaoui pour la critique », en signe d’hommage posthume à ce critique marocain de cinéma, décédé en novembre dernier au Caire à l’âge de 62 ans. Le jury de ce prix, présidé par l’écrivain et critique Mohamed Noureddine Affaya, devra départager les meilleurs longs métrages en compétition.
Douze long-métrages, treize court-métrages et autant de documentaires seront en compétition officielle de cette édition, qui se poursuivra jusqu’au 2 avril.
Cette manifestation sera ponctuée par deux tables rondes. La première sur « Le cinéma marocain et la question linguistique », qui verra la participation d’universitaires marocains, français et espagnols, qui s’attèleront à l’analyse des stratégies techniques et des visions culturelles mises en œuvre par les cinéastes marocains pour conquérir les spectateurs nationaux et internationaux. La seconde traitera du thème « André Téchiné: cinéaste protéiforme », qui vise à rendre hommage à ce grand réalisateur français de renommée internationale, en présence de spécialistes devant mettre en exergue la richesse d’un cinéaste hors pair, dont certains films seront projetés.
Le jeune public aura droit à un programme complet composé d’ateliers, de stages, de projections et de rencontres avec les artistes, avec la participation de cinéastes et professionnels méditerranéens.
Des établissements scolaires seront associés à cette manifestation et des écoliers seront au rendez-vous avec un atelier de fabrication d’un film d’animation, animé par le Belge Denis Glinne, qui sera projeté lors de la cérémonie de clôture.
Organisé par la Fondation du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan, le FICMT vise à promouvoir les valeurs de tolérance et de coexistence entre les peuples, favoriser la connaissance et la diffusion des productions cinématographiques des deux rives de la Méditerranée et à encourager les échanges entre les cinéastes méditerranéens.