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Droit à la ville ou la ville de droit À la recherche d’une vie citadine décente

Saoudi El Amalki

Une après-midi des plus marquantes que celle tenue par le Conseil Régional des Droits de l’Homme (CRDH) de Souss Massa, ce vendredi aux superbes locaux de l’hôtel Dominium d’Agadir. Il s’est agi de la rencontre magistralement organisée par le conseil régional que préside avec hautes maestria et finesse, Dr Mohamed Charef, autour de la présentation des conclusions de l’ouvrage collectif intitulé : « le droit de la ville-villes émergentes et effectivité des droits humains », publié par le CNDH, au terme des colloques nationaux faits en juillet 2023 et juillet 2024…

La rencontre à laquelle a pris part une constellation d’enseignants-chercheurs, d’institutionnels, d’acteurs associatifs…, était animée par d’éminents érudits du savoir et de fervents mordus des droits de l’homme. Habilement modérée par l’industrieuse et l’activante Fadwa Rejouani, cette table ronde fut entamée par le Pr Mustapha M’rizk qui de prime abord, notait que cette œuvre était le fruit d’un travail collectif sur la thématique subtilement mise en avant par le CNDH pour une large réflexion avancée sur le droit à la ville, au service du citoyen, notamment les femmes et les jeune. Évoquant l’action historique du philosophe de l’Hexagone, Henri Lefebvre ainsi que l’économiste et géographe britannique, David Harvey, l’intervenant focalisait sa communication sur les valeurs clés de la justice sociale et spatiale, l’équité et la démocratie inclusive…

De son côté, Pr Ahmed Benaatou, soulignait que le pari de la ville est avant tout celui de la vie, tout en citant une vingtaine de recommandations des deux séminaires du CNDH sus mentionnés, en particulier, la nécessité de maîtriser le concept pratique de la gouvernance, le renforcement de la convergence des politiques publiques sectorielles, la mise en œuvre de la planification à moyen et long terme, la mise sur place des concertations avec tous les intervenants, l’amélioration du système législatif national lié aux questions de l’urbanisme et l’aménagement de la démographie, la consolidation de l’attractivité et les espaces de vie, l’intégration de la transition digitale dans les services au sein de la ville, la fortification du rôle de la société civile en tant que levier de l’essor de la ville et de l’ancrage de la culture des droits de l’homme, la mise en œuvre du pacte de participation démocratique des jeunes aux niveaux régional, local et national à l’élaboration et la gestion des affaires publiques…

Pour sa part, Abdelhamid Jemour a passé en revue, en tant que géographe, la situation qui prévaut dans la région Guelmim-Oued Noun en terme de disparité territoriale et indicateurs de l’urbanisation. Il a fait savoir que cette inégalité se faisait ressentir de plus en plus dans le tissu démographique de la région. La tendance géographique présente un levier de justice et de planification de la région Guelmim Oued Noun. Ce traitement appuyé est en passe d’atténuer ces écarts dont souffrent les habitants de la région et se contrarie l’émancipation saine du territoire au grand service de la vitalité régionale…

Quant à Dr Mohamed Charef, il fonda son analyse de la problématique du droit à la ville sur les exigences de la planification au préalable, la participation des divers acteurs, l’élaboration de lois, la centralité du citoyen, l’attractivité investissementale, la mixité, la concertation et la collaboration partenariales, la mutualisation d’efforts et développement durable. En guise de conclusion, le président de la CRDH n’a pas manqué de mettre l’accent sur la nécessité de réitérer ces échanges afin d’approfondir la réflexion autour de ce thème qui demeurera constamment d’actualité, eu égard les mutations profondes qui se produisent aussi bien au niveau des territoires que celui des autogènes, tout en sachant que les plans d’aménagement mettent beaucoup de temps à se faire concrétiser dans les villes…

Après ces quatre interventions à laquelle se joignait également celle du représentant de l’agence urbaine d’Agadir mettant en exergue les conditions sine qua non des procédures et des modalités urbanistiques, une ribambelle de d’actions s’est enchaînée en vue d’enrichir le débat soulevé en idées et opinions pertinentes.

 

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