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À vrai dire Hassania Agadir : Amor Fati

Saoudi El Amalki

« Dieu soit loué ! », dit-on, en cas de délivrance d’un malheur qui assaille un naufragé secouru. C’est aussi le cas de le dire pour un Hassania au bout du gouffre, il y a tout juste quelques temps. Le club fanion de la capitale du Sud l’a donc échappé belle non sans douleur. Il faudrait dire que toutes les composantes de la ville voire de la région Souss Massa se sont bien mobilisés, depuis le Wali jusqu’au dernier supporter de l’équipe, pour sauvegarder un club moribond qui rendait ses ultimes soupirs. Durant toute la semaine précédent le dernier match de barrage, les signes d’embrigadement fusaient de toutes parts qui appellent à la solidarité en direction du club en très mauvaise posture. Le jour crucial, les gradins étaient bourrés à craquer, avec une ambiance de festivité, mais aussi de trouille et d’angoisse d’un éventuel mauvais pas fatal…

Les ultras hyper turbulents cette fois-ci, mettaient du feu dans cette liesse indescriptible, avec un tifo à la fois pathétique et profondément significatif. « Amor Fati », projetaient-ils sur une longue manchette du stade archicomble. Cette locution latine qui veut dire « Amour de la destinée » du philosophe germanique, Friedrich Nietzsche, montre à quel point le public est constamment aux pans de son club, en dépit de ses aléas qui peuvent surgir de temps en temps. Un de ces amours qui ne faillirent jamais, tel le serment des mariés pour l’un et l’autre qui se déclarent partants « pour le pire et pour le meilleur ! ». Le Hassania a bien fait couler de la sueur froide dans les dos de ses fans, malgré cet « Amor Fati », malheureusement, à cause de contre-performances qui n’en finissent pas, mais son public est demeuré fidèle au testament du dévouement…

Aujourd’hui que la débâcle n’est plus qu’un vilain souvenir, le Hassania aura-t-il la volonté et la dignité d’épargner les frousses aux supporters qui n’arrêtent jamais de s’égosiller sur les gradins et de se sacrifier pour que leur club fanion gagne ? Un public ardent qui semble traîner le fardeau des bévues successives de son équipe favorite, sans relâche ni répit, comme la mythologie grecque « le rocher de Sisyphe » qui monte la pente perpétuellement, avec ce faix sur son dos. Le Hassania se devrait alors de se ressaisir pour ne plus faire mal à ce malheureux public qui ne cesse jamais de porter sur le cœur son club de prédilection quelque soient ses circonstances. Autant en faire bien si l’on peut, puisque cela éviterait les états d’âmes pareils dans lesquels le club met ses fans dévoués !

 

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