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Faculté des lettres d’Agadir .. Une tradition exemplaire

Saoudi El Amalki

Depuis sa création aux tout débuts des années 80 du siècle écoulé, la faculté des lettres et des sciences humaines Agadir, en tant que première institution universitaire dans le sud marocain, se veut non pas seulement un espace pédagogique mais aussi un champ de pensée, de réflexion et de création. Une kyrielle d’activités à caractère scientifique et littéraire meublait l’enceinte de la faculté, à travers un foisonnement de groupes et de forums thématique et sectoriel de recherche et de créativité ou encore dans les lieux publics de la ville. Cette tradition s’était instaurée depuis Dr Hassan Benhalima, premier doyen précurseur jusqu’à Dr Mohamed Naji Benomar, sans trêve ni relâche, au profit des générations estudiantines, à travers l’histoire universitaire de cette faculté dynamique et novatrice…

Dans le sillage de la continuité ininterrompue, le Forum de la Recherche Sociale relevant de cette faculté-modèle avait tenu une journée d’étude sur le thème intitulé : « L’aliénation digitale et la santé psychique ! ». On retiendra à cet égard, la pertinente allocution d’ouverture prononcée par Dr Mohamed Naji Benomar, doyen de faculté de lettres en question dont la teneur était, en fait, d’une profondeur à la fois relevée et judicieuse. De prime abord, l’éminent intervenant s’était arrêté au concept « aliénation » au sujet duquel il évoquait ses effets dans les années 70 et 80, au temps où la dépossession de soi s’emparait des esprits par de réflexes idéologiques, intellectuels et idéels, en considérant tout abus dans ce sens une sorte d’asservissement ou de dépendance…

Aujourd’hui, avec l’apparition de la numérisation enchaînait le discoureur, on est visiblement face à un genre d’aliénation puisque la digitalisation s’est introduite de manière frontale dans notre comportement au quotidien. Dans ce sens aussi, le doyen ne manquait pas non plus de constater que la problématique soulevée contenait non sans excès, des jugements de valeurs. Toutefois, il convient de souligner, poursuit l’orateur que la thématique eut raison de préconiser l’ouverture sur l’université mais aussi au-delà pour débattre de ce phénomène qui ne cesse de proliférer un peu partout. Le numérique s’est bien imposé en tant qu’alternative, mais on est conscient de ses mécanismes et ses pistes de traitement, par la divulgation et la diffusion immunisante du savoir et des connaissances…

À ce propos, le mot de préambule du doyen n’a pas manqué de rendre hommage à la génération des jeunes chercheurs qui ne se limitent pas à la proportion pédagogique mais se lancent dans la recherche multidisciplinaire avec l’esprit critique et la méticulosité requise. À cet égard, il alertait à titre indicatif contre l’utilisation nocive de cette intelligence artificielle qui envahit l’humanité de façon dérapante, plus spécialement en situation de conflit martial. La complicité néfaste entre la évolution digitale et celle des IA est de nature à générer des répercussions gâcheuses entre les peuples censés vivre dans la paix et la concorde. Il est donc impératif de prendre tout ce qui est positif et nécessaire dans le côté inhérent au digital, afin d’éviter de verser dans le narcissisme et l’opportunisme malveillants, conclut le doyen en mentor fin et moralisateur…

 

 

 

 

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