À Skhirat, lors d’une rencontre sur la nécessité de reconsidérer « le modèle de développement économique » du Maroc afin de faire face aux défis dans les années à venir, le débat été marqué par un échange verbal ”houleux” entre le ministre d’Etat chargé des Droits de l’homme, Mustapha Ramid, et Wali Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri.
En fait, Jouahri en tant que gouverneur de la Banque centrale a mis en garde ses interlocuteurs lors de ce débat d’experts, sur la nécessité de « la sauvegarde » et « le maintien des équilibres macro-économiques » afin d’éviter le retour au programme d’ajustement structurel (PLS) des années 80, un programme qui a eu des « effets désastreux » au Maroc sur le plan social.
Jouahri a dévoilé que la Banque centrale prépare actuellement une étude sur les résultats du PLS il y a quatre décennies, période au cours de laquelle il était en tête du ministère des Finances.
L’intervention de Jouahri a suscité la colère de Ramid, dont le parti, Parti Justice et développement (PJD), dirige le gouvernement, croyant que le Wali de Bank Al Maghrib adressait des critiques à l’Éxécutif actuel.
Prenant la parole, Ramid a riposté en soulignant que le gouvernement El Othmani, « tient beaucoup au maintien des équilibres économiques. »
Et Jouahri de répondre tac au tac, que lorsqu’il avait commencé son parcours gouvernemental, Ramid était tout au début de sa formation dans un cabinet d’avocat.
Jouahri a ajouté que ce dont il parle fait partie d’une « vision à long-terme », allant au-delà d’un mandat de cinq ans d’un gouvernement.
En colère, Ramid comme d’habitude a répondu de manière brutale en affirmant que « les technocrates ne voient pas au-delà du bout de leur nez. »
Avec cette énième passe d’armes, avec des partis ou des institutions étatiques, il semble qu’à ce rythme, le PJD est tout simplement en train de se faire hara-kiri en se mettant tout le monde à dos.