Le géant français de l’alimentation Danone va supprimer jusqu’à 2.000 postes dans ses sièges mondiaux et locaux, dans le contexte de la crise économique consécutive à la pandémie du Covid-19, a annoncé lundi le groupe.
Cette suppression d’effectifs s’inscrit dans le cadre d’un plan d’économies de 1 milliard d’euros d’ici à 2023, qui serviront d’une part à investir dans la croissance « en soutien de nos marques, mais également à renforcer nos marges », explique Danone dans un communiqué.
Ce plan permettra le passage d’une organisation mondiale par catégories de produits à une organisation locale par zones géographiques, précise-t-on, ajoutant que cette simplification et cette évolution dans le rôle des fonctions communes se traduira par des réductions d’environ 1.500 à 2.000 postes dans les sièges mondiaux et locaux, avec jusqu’à 25% des effectifs de sièges mondiaux.
« Ce qui rend ce plan impératif, c’est tout simplement le fait que le Covid a modifié et accéléré la révolution de l’alimentation (…) la pandémie a créé des changements structurels de notre environnement, qui nous obligent à réagir. Son impact sur l’économie mondiale sera plus fort et plus durable qu’on ne le pensait en mai », a souligné le PGD de Danone Emmanuel Faber dans un entretien lundi au Figaro.
Cela permettra de réduire de 300 millions d’euros le coût des produits vendus, ainsi qu’une baisse de ses frais généraux et d’administration de 700 millions d’euros, représentant environ 20% des coûts de structure de l’entreprise, relève le groupe.
Une partie du milliard d’économies attendues sera réinvestie pour financer de nouvelles opportunités de croissance, note le groupe, observant que les coûts exceptionnels liés à la mise en place de la nouvelle organisation sont estimés aujourd’hui à environ 1,4 milliard d’euros pour la période 2021-2023.
Dans le cadre de son plan « local first », Danone espère surtout redresser rapidement sa marge opérationnelle, tombée de 15,2% de son chiffre d’affaires en 2019 à 14% au premier semestre 2020.
« Après 12 mois de Covid, nous prévoyons, grâce à ce plan d’adaptation, un retour à la croissance rentable en moins de 12 mois, dès le S2 2021, et un retour de la marge opérationnelle courante à son niveau pré-Covid, à plus de 15%, en 2022 », note le communiqué.
« Notre plan « Local first » n’est pas qu’un programme d’économies. Il permet à Danone de répondre à l’exigence systémique d’assurer la résilience de nos systèmes alimentaires, à l’exigence politique de voir les États retrouver leur souveraineté alimentaire une priorité, et à l’exigence des consommateurs de reprendre le contrôle de leur alimentation, donc de renforcer notre mission : apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre », a relevé M. Faber.