Magistrature et réseaux sociaux ne font pas bon ménage. La preuve: quatre magistrats ont été convoqués, la semaine dernière, par l’Inspection générale des affaires judiciaires, dans le cadre d’une enquête disciplinaire sur des « posts » et commentaires sur Facebook.
Pour l’heure, trois des magistrats concernés ont déjà été auditionnés par l’Inspection, et ce, avant une possible procédure devant le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, instance chargée de la discipline des magistrats.
Au sein de la profession, cette nouvelle a suscité une vague d’indignation. Certains magistrats alertant contre une « menace grave » à leur « liberté d’expression ». Un droit garanti par l’article 111 de la Constitution, mais « en compatibilité avec leur devoir de réserve et l’éthique judiciaire ».
« Sommes-nous devons une nouvelle forme de restriction à la liberté d’expression que la Constitution de 2011 a reconnue aux juges? », se demande un magistrat dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué, le Club des magistrats dit suivre « avec inquiétude » le déroulement de ce dossier et annonce « une prise de position à la lumière de ses évolutions ». Le secrétaire général de cette association professionnelle, l’une des plus représentatives au Maroc, fait également partie des magistrats convoqués.
Par le passé, d’autres magistrats s’étaient vus infliger des sanctions pour leur comportement sur les réseaux sociaux.
En 2016, Amal Hammani, substitut du procureur du Roi près le TPI de Salé, avait été exclue 6 mois de ses fonctions, avec privation de toute rémunération, à l’exception des prestations familiales. Elle avait aussi fait l’objet d’une mutation d’office. Motif: l’intéressée avait posté, sur sa page Facebook, des propos que des parlementaires ont jugés menaçants à leur égard.