Le festival « Juste pour rire-Agadir », dont le coup d’envoi de la 2e édition est prévu aujourd’hui, est sous le feu des critiques à cause des prix des billets d’entrée aux spectacles programmés qui vont de 50 à 500 dirhams.
Des acteurs d’Agadir estiment en effet que les habitants de la capitale de Souss ont droit à assister gratuitement aux spectacles programmés dans le cadre de ce festival étant donné que l’Association organisatrice de cet événement bénéficie de subventions publiques provenant du conseil communal, du conseil régional et du conseil régional du Tourisme, outre d’autres subventions provenant d’institutions et de société privées.
L’ancien conseiller communal, Saïd Limane, fait savoir que cette association peut encaisser jusqu’à 1 200 000 dhs grâce à la billetterie et se demande sur l’utilité des fonds provenant des conseils communal et régional, surtout que cette association est soumise au Droit des associations qui lui interdit de conduire des activités lucratives.
Abdelaziz Sellami de l’association marocaine de la protection des biens publics, indique quant à lui que ce festival donne un aperçu de ce qui se passe dans beaucoup d’autres festivals et événements organisés dans la région qui bénéficient des subventions publiques.
Sellami souligne que la déficience des contrôles antérieurs et postérieurs des voies de dépenses des budgets provenant de l’argent public met en cause le discours des institutions donatrices appelant à faire valoir les principes de gouvernance et de transparence.
Le festival « Juste pour rire » organisé par l’association « Juste pour Agadir » nous met face au dilemme d’une association bénéficiant de subventions publiques qui conduit une activité lucrative étant donné qu’elle met en vente des billets à des prix conséquents sans parler du contenu qui demeure très en deçà de la version originale de « Juste pour rire » qui se tient à Montréal et qui crée tout une dynamique artistique et culturelle et offre à la ville un rayonnement international, dit le membre de l’AMPBP qui appelle les institutions donatrices, notamment les conseil communal et régional et le conseil régional du Tourisme, à faire preuve d’impartialité et à ne pas excepter « Juste pour Agadir » de la règle « subventions contre la gratuité des prestations ».
Le membre du conseil régional de Souss-Massa, Hassan Marzouki, affirme de son côté que ce festival qui était censé être une valeur ajoutée pour la ville, a déraillé de sa voie est devenu une occasion pour dégager des bénéfices en détournant les lois et en obligeant les citoyens à payer des billets déjà subventionnés par l’argent public.