Dans l’intimité d’une page blanche, l’écrivaine Zineb Ahmed Laajaj a gravé bien plus qu’un simple souvenir d’enfance ; elle a immortalisé une alliance invisible. Évoquant son ancien camarade de classe, le brillant journaliste Idriss Moubarik, elle parle d’une « concurrence en filigrane ».
C’était l’époque dorée du collège et du lycée à Sidi Ifni, où les esprits se forgeaient face à l’océan. Sur ces bancs, un duel feutré et amical se jouait entre deux langues, deux sensibilités : quand ZAL domptait avec grâce les subtilités de la langue de Molière, Idriss, lui, excellait dans le verbe et l’éloquence de « la langue de Dhad »
Cette émulation silencieuse n’était pas un affrontement, mais un miroir. Chacun puisait dans le talent de l’autre la force de parfaire son propre style. Des années plus tard, le filigrane s’est révélé au grand jour : la lycéenne est devenue écrivaine, et le camarade est devenu une plume reconnue du journalisme. Un magnifique hommage à ce que l’école publique à Sidi Ifni a su offrir de meilleur : le goût de l’excellence et le respect du talent de l’autre.

par: Abdelkarim Ghailane
