Saoudi El Amalki
Ce qui se passe au Maroc, en ce moment de la CAN, révèle de manière magistrale, l’ampleur de ce qui se pérennise dans une Nation, en pleine effervescence. On savait déjà que le pays allait laisser bouche bée et l’œil ébahi, de tous les admirateurs du globe. Mais, franchement, la partition mirobolante de l’ouverture du tournoi aura obnubilé le monde par la suavité du récit de l’historicité du Royaume diversifié mais viscéralement uni et soudé, dans les expressivités Amazighe, Arabe et Africaine, à travers des siècles. L’acclamation spontanée et mirifique de l’immense foule qui flambait sur les gradins du géant stade, dès que le Prince Héritier Moulay Hassan était descendu sur la pelouse, fit encore une fois, miroiter ce cordon ombilical qui unit la Royauté et le Peuple tout au long de leur parcours séculaire de l’Histoire commune. L’attitude sereine et joviale du Prince qui déambulait sous l’averse battante sans parapluie ni protocole comme tout le monde, saluant et causant longuement avec les joueurs, le sourire aux lèvres, conférait à cette somptueuse soirée inaugurale une sensation d’allégresse mais aussi de fierté de ce dont le pays est capable pour tisser ce chef-d’œuvre fabuleux, en luminosité et en sonorité de si haute facture…
« Le Maroc est sur une planète et nous autres sur une autre ! », disait un journaliste tunisien, contemplant toute la sublimité qui s’offre à ses yeux. Il est vrai que ce qui a été construit en un temps record pour cette nouvelle édition de la CAN, émerveillait aussi bien la population locale que les visiteurs africains et toute la communauté universelle qui suivait l’ingéniosité marocaine. Ce génie est ardemment conforté par la détermination de bien faire et l’assiduité constante à monter la pente après des périodes de nonchalance. Aujourd’hui, le Maroc a bel et bien relevé le défi du sport, plus précisément le football à plus d’un titre, en attendant que les autres disciplines sportives ne soient contaminées. Il l’a fait également sur d’autres secteurs de la vie active. Cependant, ces sursauts de grande envergure ne concernent pas encore certains volets névralgiques où notre pays broie du pain noir jusqu’ici, plus spécialement l’éducation, la santé, l’emploi et les écarts sociaux et territoriaux, à cause de la déconfiture que connaît sans doute, sa vie politique et électorale, infestée par les fossoyeurs de la démocratie, profondément imprégnés dans les conflits d’intérêt et la prévarication à la pelle. Il est bien certain que le jour où ce côté vital sera assaini et dépourvu des brebis galeuses, avec le sérieux et la volonté ferme à travers un échéancier électoral loyal et transparent, le Maroc aura conquis le monde dans tous les domaines et cette unicité inéluctable entre la Monarchie et le Peuple et le front interne seront renforcés davantage…
