Saoudi El Amalki
Il semble bien que la France « fausse compagnie » à son ancien « département de colonie » que fut l’Algérie et remet le cap sur le Maroc.
Le pays des Lumières aurait sans doute, dressé le bilan de son rapprochement sans effet du voisin de l’est. La série de visite de ministres dans notre pays, depuis déjà quelques mois est visiblement annonciatrice de reprise des relations bilatérales qui frôlait la rupture à bien des égards. Tour à tour, des envoyés de l’Elysée tel que Stéphane Séjourné, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, ont eu pour mission de réchauffer les rapports « mis au frigo » avec Rabat.
Ce changement de pied de Paris, assez subit au moment où le pays au statut avancé au sein de l’UE, émerge en termes économiques par le biais des grands chantiers et diplomatiques par le succès de son intégrité territoriale, n’aurait peut-être pas d’autre explication que l’empressement de l’Hexagone à espérer la « part du cake » de l’avant-coupe du monde 2030, à la tenue de laquelle notre pays est co-organisateur. D’autant qu’Alger continue à « courtiser » la Chine et la Russie, quoique celle-ci l’ait largué au BRICS. Au fait, en gardant une position plutôt « réservée » envers la question du Sahara, la France ne tient pas à se dissocier de cette embrouille qui lui éviterait de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».
C’est pourquoi d’ailleurs, depuis même au temps de Jacques Chirac qui était un grand ami du Maroc, précisément avec Feu le Roi Hassan II, la France fut demeurée « sur ses gardes » s’agissant de la première cause nationale, bien qu’elle soit parmi les premières nations à s’aligner sur la justesse du plan d’Autonomie de 2007.
Depuis lors, elle n’a pas progressé d’un iota, alors que d’autres pays qui étaient très réticents, l’ont nettement devancée à cet égard. Jouer sur le même fil pourra coûter sa dislocation à coup sûr, puisqu’on ne pourra prétendre concilier deux attitudes dont les visées sont diamétralement opposées. Il est bien clair que le Maroc recouvre son Sahara spoliée du joug colonial comme toutes ses enclaves du nord et du sud, y tend de l’urbanisation et instaure des institutions tel qu’il avait opéré sur tout son territoire. Quant à d’Algérie, bâti sur le régime militariste expansionniste, se voyait alors privée de l’Océan, créait une cohorte de mercenaires avec laquelle elle montait un projet séparatiste dont le slogan fallacieux du « mouvement de libération » avait fait, à l’époque, une sensation trompeuse dans le camp de certaines pays africains et sud-américains leurrés voire soudoyés. Aujourd’hui, la supercherie s’effilochait et n’est plus qu’un fétu de paille.
A notre sens, la France à tout intérêt à se montrer moins ambivalente car on ne peut en ce cas d’espèce, « ménager la chèvre et le chou » !
