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A vrai dire La gauche marocaine inspirante

Saoudi El Amalki

Le regroupement victorieux du bloc de la gauche française fait soudain convoiter la nôtre. « Et si on faisait pareil chez nous ! », martèle une flopée de militants, à l’issue de la prouesse de l’homologue tricolore. La nécessité de la coalition de gauche en France fut ardente et salutaire pour sauver le pays de la ruade extrémiste qui inondait la société par le discours haineux de la discorde.

Certes, mais au niveau du royaume, cette nécessité est encore plus incessante dans la mesure où le péril libéral est en passe de jeter la nôtre dans l’asphyxie sociale et le chaos politique. En fait, on devrait s’inspirer, sans nul complexe d’infériorité, des amis de l’Hexagone sur le débat serein et l’échange persuasif que les divers contingents de leur gauche avaient prévalu afin de s’entendre, se mobiliser et passer à l’action.

Pour le devoir national commun, il a fallu faire des concessions et se montrer réactif et malléable, du premier au second tour des épreuves votatives en toute discipline et engagement entier. Socialistes, écologistes, insoumis, communistes et bien d’autres se sont donné la main et adonné le cœur en commun pour la cause qui les unit et les anime ensemble. Qu’en est-il de la gauche marocaine ? Il est bien vrai que les grandes lignes de l’idéologie de la gauche ne sont pas trop éloignées les unes des autres pour telle ou telle formation politique, tout en affirmant l’existence de leurs spécificités respectives. Il n’en demeure pas moins évident que les approches et les appréciations ne sont pas unifiées sur tel ou tel thème d’ordre national ou universel.

Cependant, il faudrait bien avouer que la maturité politique ne se traduit pas non plus, dans les faits concrets et que les attitudes d’acception et de communion de ses composantes ne sont pas souvent au beau fixe. Généralement, depuis déjà des lustres, la gauche marocaine s’est comportée envers les questions de haute acuité dans le parcours de la nation d’un abord plutôt mi-figue, mi-raisin, à travers des rangs désunis, fragmentés et disparates. A priori, cet effritement est avant tout occasionné par le bon-vouloir de l’Etat qui, de tout temps, avait une dent contre le mouvement national en général dont la gauche qui constituait le fer de lance fut opprimée et censurée. A fortiori, il faut reconnaître aussi que la gauche marocaine se recroquevillait sur les lauriers du passé, se cantonnait dans sa tour d’ivoire et se bandait les yeux sur les nouvelles mutations qui s’opèrent dans la société marocaine… À présent, le tandem USFP/PPS qui renaît enfin de la léthargie unioniste dans le camp de la gauche, revigore sans nul doute, de nostalgies réchauffantes de la Koutla avec en son sein, une constituante nationale qu’est l’Istiqlal. Le rapprochement de ces pôles vivants du PPS et de l’USFP, en attendant que des courants du progrès et de démocratie y adhère, semble être de bons auspices pour la refonte de coalition plurielle et cohérente en vue de préserver la Nation certes, de l’extrémisme tel que le fait la gauche française actuellement, mais aussi de débarrasser le pays du libéralisme paupérisant et précarisant qui dévore ses ressources et emplit ses panses et ses comptes en banques, de combattre les faussaires de la batterie de valeurs et les fossoyeurs de la démocratie authentique de la Nation.

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