Saoudi El Amalki
Le jugement relatif à la raffinerie la Samir est enfin tombé. Faut-il pour autant, jubiler pour ce verdict relativement en faveur de la cause marocaine ? Surtout pas démesurément. En fait, le Centre International pour le Règlement des Différents liés aux Investissements (CIRDI) vient de balayer d’un revers de main une nuée de réclamations du groupe Corral Morocco Holding, nettement revues en baisse pour ne valoir que 150 millions de dollars au lieu de 2,7 milliards, équivalents à 6% de l’estimation avancée auparavant par l’actionnaire principal. Le gain de cause du royaume met-il fin au processus épouvantable de l’unité industrielle du pays ? Tout d’abord, il est judicieux de s’atteler à parachever les dispositions judiciaires de cet ancien projet de raffinage dont l’arrêt a porté préjudice à la souveraineté énergétique, plus spécialement en période de la crise virale. Les pertes essuyées à ce propos sont inestimables au moment où on pouvait raffiner et stocker les productions d’hydrocarbures, sachant que la raffinerie en état d’hibernation chronique, avait profité aux sociétés pétrolières dont les revenus juteux sont éléphantesques. En dépit de l’attitude loyale que brandissait notre pays envers le délégataire et l’instance de justice, il n’a jamais été question côté marocain, de se discréditer ou de faillir face aux engagements. Il se serait agi en conséquence, de mettre en avant une politique beaucoup plus rigoriste, sans laxisme ni complaisance dans ce sens afin de préserver l’intérêt national de la prédation pétrolière aussi bien endogène qu’exogène en matière de profit illicite de carburant, de gaz et d’oxygène. Malgré les appels consistants de toutes les bonnes volontés de la Nation, tant au niveau des formations politique, syndicale, des droits de l’homme et de la société civile, la situation de la Samir demeurait velléitaire voire soupçonneuse, car la volonté tranchante de l’Exécutif qui constituait l’élément clé de l’épreuve, manquait affreusement. Ceci étant, la relance de la raffinerie de la cité des fleurs n’est plus une impasse comme pouvaient le prétendre en temps de litige et contrainte en termes financiers, les mauvaises intentions, mais une nécessité nationale à laquelle l’Etat se devra de se pencher sérieusement, en vue de lui redonner vie. Il faut bien dire que notre pays a valu par la diversité énergétique, allant du fossile au renouvelable et actuellement à l’hydrogène, en tant que leader mondial en la matière. Il serait insensé et inadmissible qu’on cherche toujours à le tirer vers le bas pour des bebb ne édictes réducteurs et personnels. Il va sans dire dans ce sillage de leadership que le redressement de la Samir permet sans doute, le relèvement du niveau de vie des citoyens, fortement terrassés par la hausse des tarifs de produits et de productions, ainsi que celle de la pompe. L’essor du secteur énergétique et pétrochimique est de nature à consolider le pouvoir d’achat en interne, d’une part et à rehausser l’offre des opportunités externes d’opérateurs économiques en externe.