Saoudi El Amalki
Il ne fait pas de doute que les insurrections de la société civile à l’entrée de l’hôpital Hassan II d’Agadir ont été concluantes, puisque nombre de mesures ont été prises. Tout d’abord, on en citera le débarquement preste du ministre de tutelle, l’évincement des responsables pour ces défaillances, l’apparition prompte d’un tas de matériels de soins en manque auparavant… En fait, si les citoyens ne s’étaient pas insurgés à propos de ces pénuries et ces négligences, nul n’aurait été fait sur le champ. Pourquoi alors toute cette déperdition de temps et d’effort si on est en mesure de tout régler sans émeute ni accroc ?…
Il y a sans doute anguille sous roche dans cet hôpital et bien d’autres villes si l’on se rend compte qu’une bonne partie de ce personnel incivique faillit à ses obligations vis-à-vis des patients. Certains ne sont jamais à l’hôpital pour vaquer à leurs missions au quotidien, en sirotant longuement du café noir au bistrot du coin, alors que les malades font la queue devant leur bureau. Une mauvaise habitude qui d’ailleurs contamine pas uniquement les médecins mais la plupart des fonctionnaires de l’administration publique. Ni la conscience ne les réprimande ni la direction de l’hôpital et ses supérieurs hiérarchiques à la préfecture et la région est rigoureuse pour rappeler à l’ordre ces resquilleurs, encore moins leurs syndicats « soudoyés » pour les inciter à faire respecter les devoirs comme les droits…
D’autres médecins obligent leurs patients sans scrupule, à se faire opérer dans une clinique de leur choix, au lieu de passer ces opérations chirurgicales à l’hôpital, moyennant des tarifs souvent faramineux. A cet égard, il faut bien dire que la majorité des cliniques privées qui pousse aujourd’hui semblable à des champignons, ne recrute que des médecins du public, à tel point que les hôpitaux se vident affreusement de personnel, sans parler des déserteurs qui vont travailler outre-mer. Le fait d’avancer que l’hôpital manque terriblement de ressources humaines n’est en effet, qu’un prétexte, à voir le déferlement des médecins qui prolifèrent aux cliniques privées. C’est un crime ignoble s’opérant dans les hôpitaux à l’encontre des populations qui sont décontenancées, face à l’insouciance et la voracité…
La santé est avant tout un secteur, beaucoup plus que d’autres, humanisante par excellence. Il n’est nullement fait pour des gens sans cœur ni conscience. Pour un citoyen malade qui se rend à l’hôpital, le médecin n’est pas comme les autres, c’est un sauveur qui lui fait éviter les souffrances et la mort à bien des égards. Dans ce cas, le malade est prêt à lui offrir ce qu’il possède, pour rester en vie et cesser de souffrir. Il ne faudrait pas alors profiter de la faiblesse des patients impuissants pour leur soutirer de l’argent et de les abandonner à leur sort afin d’aller en chercher dans les cliniques privées. Si les médecins estiment qu’ils sont sous-payés, maltraités ou encore exerçant dans des conditions inappropriées, ce n’est pas la faute aux malades et ce n’est pas contre eux qu’il faudrait agir pour réparer leurs malaises…
