Saoudi El Amalki
La France est dans l’expectative, depuis que le scrutin électoral a secrété respectivement les trois entités primordiales : le Nouveau Front Populaire de gauche ( NFP ), talonné par le Bloc Présidentiel et puis le Rassemblement National de l’Extrême Droite. Aucun concurrent du peloton de tête n’est parvenu à s’adjuger la majorité pouvant lui assurer, à lui seul, le pouvoir absolu.
Face à ce dilemme, le président de la république, en nette dénégation de cette sécrétion, discréditant sa formation en déroute, émettait une missive aux français rappelant l’absence de vainqueur, pour « dissimuler » sa défaite, tout en jetant un pavé dans la mare. Il convient de dire que son bloc « Ensemble » a failli mordre la poussière si ce n’est le désistement de 130 candidats de gauche de la bataille du second tour pour faire barrage au RN, en faveur de son bloc afin de lui permettre de glaner 142 sièges. En fait, la gauche a bel et bien « sauvé » la Macronie et, partant la République du chaos raciste.
La dissolution subite de l’Assemblée Nationale par le président aura mis l’Hexagone dans l’impasse et il est dorénavant loisible de poursuivre le combat de rupture que prône le camp démocratique à travers la mobilisation et la cohérence de toutes ses composantes sans pour autant sous-estimer l’escalade des extrémistes. Il ne faudrait pas perdre de vue à cet égard, que plus de16 millions d’électeurs ne se sont pas donné la peine d’aller voter aussi bien au premier qu’au deuxième tour ce qui, à priori, représenterait une masse électorale au compétiteur le plus convaincant.
« C’est trop et c’est Hachouma ! », a bien dit J.L. Mélenchon, le leader des Insoumis, tout récemment dans l’un de ses discours. Il est vrai que le danger du RN fut écarté de l’accession aux rênes, après avoir pulvérisé les suffrages au premier tour. Mais, il importerait de trouver le chemin de l’Hôtel de Matignon, en demeurant unis et en diffusant le message de l’optimisme et de la délivrance.
Celui des élections anticipées du 30 juin et 7 juillet était on ne peut plus clair pour les français, puisque le peuple de gauche a émis le souffle de l’apaisement et de l’espoir quoiqu’on fasse semblant de ne rien savoir ni comprendre. Le ras-le-bol du macronisme est un leitmotiv criant de relancer les politiques publiques en faveur des populations lassées de concéder le néolibéralisme déchirant. Au fait, même si le ( NFP) décroche le sommet de la hiérarchie électorale, il semble que Macron tout en déni, ait opté plutôt pour un Exécutif de « coalition nationale républicaine » contre l’extrême droite. Aussi, pourra-t-il nommer un premier ministre de la majorité consensuelle et de ce fait parviendra-t- il à noyer le poisson. Chez nous, la question de nomination du chef de gouvernement ne se poserait pas, puisque la Constitution l’avait déjà tranchée en 2011 car cette désignation se fait directement au profit du parti déclaré premier aux élections.
C’est autant dire que la qualité du texte constitutionnel est avancée dans notre pays, mais les déficits au niveau de la concrétisation fait défaut par ailleurs. Charles De Gaule disait un jour cette citation d’enseignement profonde : « Il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait de la politique autrement que sur des réalités ! »