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À vrai dire .. Le droit à la joie !

Saoudi El Amalki

Tout dernièrement, notre pays a fait sensation dans les compétitions mondiales de football avec coeur et métier. Il s’est érigé fort rapidement, en une grande nation de ce sport, dans quasiment tous les âges qui fait admirer mais aussi craindre ses pareilles un peu partout dans la monde. Ces victoires successives ont suscité une joie intense dans les milieux de la société marocaine vivement exprimée dans les artères et les foyers. Les véhicules bondés de têtards de tous âges sillonnent les artères de la ville, faisant éclater des Klaxons stridents sans répit. Les youyous de femmes en tambourins emplissent les quartiers de chants et délires, parfois jusqu’à la l’aube…

Faudrait-il alors jubiler pour ces prouesses sportives qui crèvent l’écran et ensorcellent un peuple tout en allégresse ? Certains diraient que le sport n’est pas aussi prioritaire que l’éducation, la santé ou l’emploi, pour en consacrer tant d’intérêt et de fonds. Le pays aurait dû se passer de ce gâchis pour se focaliser sur l’essentiel de la vie quotidienne des populations. En fait, au regard de la situation de la majeure partie de la société, ce constat paraît sensé et rationnel. Mais, il ne détient pas seul la vérité absolue comme toute autre réflexion car le sport sous toutes ses formes et la compétition en est la consécration de la mouvance humaine qui en résulte le droit à la joie…

Il est vrai que le football s’est particulièrement hissé au premier plan à travers la mise en place de hautes infrastructures, notamment l’académie Mohammed VI, la mise en avant de la formation des cadres et la motivation soutenue des écoles à multiples tranches d’âge. Il n’en demeure pas moins vrai que notre pays s’est également penché sur nombre de secteurs de l’économie, plus spécialement les énergies propres à grande échelle, les diverses filières d’industries, les gros travaux aux investissements colossaux tels les ports, les aéroports, le réseau routier et autoroutier, les projets structurants dans les métropoles du pays, les stations de dessalement d’eau de mer…

Toutefois, si les volets sociaux précédemment cités marquent le pas, depuis déjà des lustres, c’est qu’il y a certainement des raisons à leur déchéance. Au fait, il est loisible d’avouer que les politiques publiques du royaume à ce propos, ont été placées au second plan parce qu’ils étaient constamment considérés comme des secteurs improductifs par des décideurs, à la tête des commandes. Ceci étant, il importe de dire aussi à cet égard, que si les populations éprouvent en ces moments de liesse, une joie délirante, c’est qu’ils ont besoin d’exprimer l’authenticité de l’appartenance à cette nation dont les athlètes forcent l’exploit et la victoire. Le peuple a alors le droit d’en manifester la joie légitimement méritée !…

 

 

 

 

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