Saoudi El Amalki
L’état d’urgence au cœur duquel la France se débat à la veille du second tour des législatives, traverse un temps crucial de la 5ème République, aussi cruel que les précédentes épreuves.
Après avoir glané à la première phase plus du tiers des voix, l’extrême droite est en passe de caracoler à la cime du règne, suscitant une large détresse au sein des multiples milieux de la société tricolore.
Le bloc formé à son encontre, tant au camp de la droite classique que la nouvelle alliance de la gauche, a tendance à se désagréger au fil des jours pour des mises à mal de telle ou telle formation, regroupant également les forces républicaines dans leur entièreté, de centre comme de droite.
Pour des calculs sectaires, toutes ces coalitions pourraient offrir une telle aubaine à Bardella et consorts, dans ce substrat triangulaire, à la différence de leurs prédécesseurs qui avaient toujours su leur réfréner la route du pouvoir, par le biais de cet esprit unioniste pragmatique. Il serait inepte de se tirer une balle dans le pied pour frayer ce chemin aléatoire pour une République pluraliste fondée sur la devise de la tolérance et de la mixité.
Se constituer en rempart infranchissable contre le Rassemblement National, devrait en fait, devenir la préoccupation majeure de l’enseigne républicaine sans animosité ni tergiversation contre ce lugubre épilogue qui prend forme dans les urnes, cette fois-ci encore.
Il est bien évident que le Nouveau Front Populaire (NFP) avait, dès les Européennes, riposté farouchement face à cette grimpée fulgurante des extrémistes, à travers mobilisation et concertation de ses unités. Toutefois, cet éveil précoce peine à se concrétiser en faits plausibles, aussi bien sur les choix que les procédés à opérer.
Il semble bien que le virevoltant Mélenchon des Insoumis, fait l’objet de controverse quoiqu’on se soit aligné unanimement sur la même longueur d’onde en terme de principe et d’action à entreprendre.
Au fait, la France aurait intérêt à se rendre compte du péril xénophobe qui menace sa quiétude, si elle permettait au RN de conquérir l’Hôtel Matignon.
Elle endommagerait la valeur suprême de l’amour réciproque des êtres et de la coexistence inter-ethnique qui font la force de cette grande Nation qu’elle fut, depuis les ères de la Renaissance et des Lumières. Il n’y a donc pas de raison de passer le témoin aux nébulosités racistes.
« Vous pouvez couper toutes les fleurs, mais vous ne pouvez pas empêcher le printemps de venir ! », disait Pablo Neruda, poète, écrivain et intellectuel chilien du siècle écoulé.