Saoudi El Amalki
Le discours du trône n’a pas été nullement une logorrhée fastidieuse, relative aux acquis tout au long de l’année écoulée de règne, mais surtout un appel solennel à égaler les vitesses. « De fait, il n’y a pas de place aujourd’hui ni demain du Maroc avançant à deux vitesses ! », faisait constater le Souverain, sans la moindre bribe d’opacité ni de dérobade. Le ton de cet aveu retentit dans l’esprit des responsables des inégalités sociales et territoriales qui taraudent la société marocaine. Le Monarque aspire à un développement égalitaire et entier pour toutes les franges et régions précaires et miséreuses. La mutation vers l’équité pérenne n’est plus un luxe dont jouit une minorité, mais des priorités impérieuses auxquelles aspirent également les couches déshéritées…
L’invitation Royale à changer de cap en vue de parvenir à un Maroc à vitesse égale au profit de toutes les composantes sociales et spatiales se devra alors de se concrétiser depuis le sommet de la pyramide hiérarchique jusqu’au piédestal à travers une « génération de programmes de développement territorial ». Assurément, cette action ne pourrait être concluante si la tutelle centrale continuait à s’accaparer les décisions à entreprendre au niveau des services extérieurs locaux et régionaux et au sein des collectivités locales et régionales. La décentralisation vaine telle qu’elle est adoptée actuellement asphyxie les acteurs institutionnels et représentatifs des régions et des communes. Le même handicap se fait ressentir au plan de la déconcentration puisque la quasi-totalité ressources sont de ce fait, concentrées dans l’axe central du pays…
Le discours Royal a aussi évoqué la notion de la spécificité qu’il faudra tenir en compte car les régions ne sont guère en stature de linéarité en termes de caractéristiques pour identifier les besoins et les attentes. En effet à titre indicatif, la région du Souss Massa dont le Roi aura défini la Centralité du Royaume, souffre de la pénurie d’eau qui ne ferait que ralentir la fructification de son immense potentiel stratégique et socio-économique tant qu’on ne prenait pas en considération cet handicap majeure. D’autre part, bien que les projets structurants aient redoré le blason de son chef-lieu par l’intervention structurelle du PDU, les provinces qui constituent la région plus spécialement les provinces de Taroudant, Tata et Chtouka, manquent substantiellement de coups de pouce en investissements publics, mais aussi de planification régional. L’effort de la région en devient une nécessité pour réussir enrayer le fossé inégalitaire !…
