Saoudi El Amalki
La manière cynique dont le gouverneur de Settat s’était comporté avec le directeur provincial de l’enseignement, a suscité une forte indignation parmi les réseaux sociaux. Cette conduite indigne du premier responsable de la province envers le dirigeant du secteur éducatif fut jugée humiliante et despotique, faisant fi aux règles morales et aux attributions coordinatrices du pouvoir territorial imparti. En fait, lors d’une réunion à laquelle a pris part une flopée de dirigeants, le gouverneur s’est permis d’admonester sèchement son vis-à-vis en public, pour un dossier qu’il aurait dû traiter en tête-tête. Les propos acerbes dont il a fait usage rappelle bien l’ère révolue de l’Autorité qu’on croyait avoir enterré pour de bon dans le sillage de son nouveau concept mis en avant, depuis déjà des lustres. Les internautes et les observateurs ont exprimé leur révolte au regard de la vidéo qui a largement circulé, faisant état de cet acte pour le moins qu’on puisse dire, horrifiant, scandaleux et inadmissible. Il est bien vrai que certains responsables de divers secteurs peuvent tomber dans des irrégularités de façon intentionnelle ou parfois par mégarde auxquelles il convient de rappeler leurs auteurs à l’ordre, de manière ferme et formelle. Mais, il n’en demeure pas moins vrai non plus que la réaction à cet acte attentatoire au bon déroulement administratif ne devrait en aucun cas, être l’objet de remontrance publique effrontée envers les « subordonnées ». L’institution du Wali ou du Gouverneur, en tant que responsables suprêmes de région ou encore de province ou de préfecture, est avant tout une codification régie par la loi, un exercice d’attitude interactive et enfin un havre de respect. Or, cette conduite perpétrée par le gouverneur de Settat à l’encontre de son pair de l’éducation nationale, a vilement éclaboussé cette institution sur la forme et le contenu. De quel droit, se paie-t-il le luxe de proférer sans vergogne et d’un ton autocratique : « fais cela ou dégage ! » ? On est où là, Mr le gouverneur ? Ces méthodes surannées et archaïques ont disparu du lexique de l’Autorité dont le nouveau concept instauré est synonyme de vecteur du vivre-ensemble, de déclic de vivre-intuitif et de leitmotiv de vivre-synergie, en vue de fonder un collectif cohérent, édifiant et actif. Le maillage mené par le Wali ou le gouverneur est le garant de cette accointance mutuelle qui fédère les énergies et enclenche les créativités. Ce que le gouverneur de Settat devra sans doute, apprendre dans sa contrée où naquit un certain Driss Basri !
