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À vrai dire Tata et la pastèque

Saoudi El Amalki

La province de Tata, ce patelin de Souss Massa, est considérée sans aucun doute, le maillon faible de la région en matière de projets structurants et leviers économiques à l’adresse des populations. Le stress hydrique demeure le souci majeur de ces citoyens dont la précarité et la pauvreté, pour une frange exponentielle, battent leur plein. La visite du chef de gouvernement en compagnie d’un arsenal de ministres, il y a quelques mois, afin de remédier à ces carences affreuses dans les secteurs vitaux de cette contrée marginalisée, n’a été que du « tape à l’œil », sans réel impact sur les couches déshéritées de la société tataouie…

Il faut dire aussi que les crues dévastatrices, bien qu’elles aient été d’un réconfort pour la paysannerie, on ne peut non plus sous-estimer les dégâts générés ces derniers temps sur les larges périmètres oasiens de palmeraies. Sans avoir aucunement l’intention de minimiser les efforts déployés pour faire face à ces intempéries diluviennes et surmonter les manquements qui se faufilent dans le tissu socioéconomique, il y a lieu de déplorer cette situation désolante de l’entité en souffrance. Certes, on ne peut que se réjouir de la nomination du nouveau commis de l’Etat à sa tête pour tenter de juguler toutes ces pénuries, avec la coordination étroite des autorités régionales et la concorde avec tous les acteurs authentiques de la localité précarisée…

À cet égard, on suggère d’autoriser la production saisonnière de la pastèque aux petits agriculteurs du fief en vue de barrer la route aux barons de la pastèque qui ne sont pas du bercail. Dans ce sens on ne permettra qu’un seul hectare pour chaque paysan, au lieu de voir ces bonnets richissimes se lancer à cette culture de cent hectares de ce fruit dont Tata produit les meilleurs par les conditions climatiques qu’elles offrent à la primauté de cette production. Grâce à cette opération salvatrice, on estime que cette action permettrait à la petite paysannerie de vivifier, à l’économie sociale et solidaire de s’édifier et à la denrée hydrique de se fluidifier. Il ne fait pas de doute que ce sont les gros agriculteurs émanant d’autres régions du royaume qui étouffent la vie des pauvres agriculteurs…

Il importe de souligner que la pastèque de Tata est prisée en tant que primeure qui draine la convoitise des grandissimes businessmen de l’exportation de plus cent ha de superficie, absorbant de ce fait, des millions de m3 d’eau, au grand dam de la petite paysannerie qui ne se permettre qu’une minime surface de lot pour une modique quantité d’eau. Il faudra savoir ce qu’on veut de ce peuple en mal de gouvernance !

 

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