Après une cascade de convocations d’éminents journalistes marocains et du président de la chambres des députés, Habib El Malki suite à une plainte pour diffamation déposée par l’ex-capitaine Mustapha Adib, les ministres de la justice, Nicole Beloubet, et Mohamed Aujjar, ont eu un entretien téléphonique ce mardi après-midi, a-t-on appris de sources judiciaires.
Selon nos informations, le ministère français de la Justice a reconnu un « dysfonctionnement » et un « non-respect de la convention d’entraide pénale ».
Dans cette affaire, « nous avons fait le constat que les conventions entre les deux pays et les procédures n’ont été ni appliquées ni respectées », ajoute-t-on de mêmes sources.
Déjà sur le plan de la procédure, nous explique-t-on, le juge d’instruction devait transmettre les convocations au ministère français de la Justice, lequel les transmet à son homologue marocain. Et c’est ce dernier qui informe les convoqués via le parquet. Or, les quatre journalistes, Narjis Rerhaye, Naim Kamal, Jamal Berraoui et Kamal Lahlou, ont reçu leurs convocations par simple voie postale, ainsi que le président de la chambre des députés, Habib El Malki.
Les poursuites engagées contre la troisième personnalité marocaine seraient justifiées par le fait que Habib El Malki était directeur du quotidien « Libération » dans lequel l’article incriminé était paru en 2014.
« Maintenant qu’un constat a été établi, il faut voir comment cette affaire va évoluer sur le fond. Il est évident qu’il y a eu une atteinte claire à la convention judiciaire entre Rabat et Paris », souligne un juriste français au fait de la coopération judiciaire entre Rabat et Paris.
