Le Haut-Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, en partenariat avec la GIZ (Agence Allemande de Coopération Internationale), a célébré, mardi à Agadir, la Journée Mondiale des zones humides, placée cette année sous le thème « les zones humides pour notre avenir: mode de vie durable ». La célébration de cette Journée Mondiale des Zones Humides, le 2 février de chaque année, a pour objectif la commémoration de la signature de la Convention sur les zones humides, adoptée en 1971, dans la ville Iranienne de Ramsar. « Le thème de cette année a pour objectif d’éclairer les choix qui s’offrent à nous alors que les menaces pesant sur les zones humides du monde entier ne sont que trop réelles », a indiqué dans une allocution à l’ouverture des travaux de cette journée le Haut-Commissaire aux eaux et forets et à la lutte contre la désertification, Abdeladim El Hafi. Les travaux de recherches les plus récents concluent que plus de 64 % des zones humides de la planète ont été détruites depuis 1900 et que les populations d’espèces d’eau douce ont diminué de 76 % entre 1970 et 2010, a précisé El Hafi, ajoutant qu’actuellement, les zones humides voient leurs fonctions se multiplier et s’affirmer dans la vie moderne, elles voient s’exalter, chaque jour davantage, leur rôle essentiel pour la production de ressources indispensables à l’homme, pour la protection du milieu naturel, pour l’harmonie des paysages, et pour la détente et les loisirs. « En effet, espace écologique, richesse économique et bien social, les zones humides ont constitué, depuis toujours, un élément fondamental pour la vie à travers les services fournis. Ces milieux représentent une grande partie de nos richesses naturelles renouvelables et de notre biodiversité. Cependant, elles restent parmi les milieux les plus menacés au monde à cause de la surexploitation de leurs ressources, du drainage et surtout les risques de pollution qui les guettent », a fait observer El Hafi. Les problématiques liées à la gestion des ressources des zones humides et particulièrement le facteur eau et les incertitudes qui les accompagnent, comme les changements climatiques, n’en constituent pas moins un défi majeur pour le Royaume, a-t-il noté, ajoutant que cela va être encore plus mis sous les projecteurs en 2016 dans un contexte où le Maroc accueillera en fin d’année la COP 22, la Conférence des Parties à la Convention sur le climat. Considérées depuis toujours comme une source de revenus et de biodiversité nécessaires aux populations riveraines, les zones humides marocaines sont de surcroît, des créneaux potentiels pour des investissements et de valorisation de ces ressources qui contribuent aux activités génératrices de richesses, notamment dans les secteurs de l’aquaculture, de l’agriculture (zones de culture et de pâturage), et du tourisme (sports nautiques, randonnées, pique-niques et promenades et autres activités de loisirs) , a noté El Hafi. Le Haut-Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification oeuvre, en collaboration avec ses partenaires, pour une meilleure connaissance de la complexité de ces écosystèmes, pour les faire connaître, en révéler les potentialités et agir dans le sens d’une exploitation rationnelle qui en respecte l’équilibre, le tout dans le cadre d’un partenariat impliquant l’ensemble des acteurs, a-t-il dit. Le wali de la région Souss-Massa, gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida Outanan, Zineb El Adaoui, a indiqué, de son côté, dans une allocution de circonstance, que la célébration de cette journée intervient au moment même où la communauté internationale est invitée à redoubler d’efforts afin de mettre fin à la dégradation de la biodiversité qui menace les capacités de la planète. « Le Maroc avec les spécificités que lui confèrent sa position géographique et la diversité de ses écosystèmes subit d’importants effets de dégradation de ses zones humides. C’est pourquoi notre pays fut parmi les premiers à adhérer à la prise de consigne universelle, consacrée par le Sommet de Rio, en ratifiant les conventions internationales pertinentes, et en adoptant des programmes d’action nationaux en la matière », a-t-elle rappelé, précisant que ces actions se trouvent renforcées par le discours du Trône de SM le Roi Mohammed VI en 2010, dans lequel le Souverain avait appelé le gouvernement à élaborer une Charte nationale globale de l’environnement traçant les principes de préservation de l’environnement dans le cadre d’un développement global et durable.
La région de Souss Massa, par sa situation géographique entre la zone méditerranéenne et la zone présaharienne et saharienne, constitue le dernier rempart contre la désertification, a noté El Adaoui, indiquant que cette région englobe des écosystèmes naturels riches et variés caractérisés par une grande résistance mais qui restent, malgré les efforts, exposés aux effets des changements climatiques et de la pression anthropique. Les zones humides de la région, dont notamment les embouchures des oueds Souss et Massa et le lac Ifni dans la province de Taroudant, sont de grande importance car il s’agit de milieux naturels très spéciaux, a-t-elle dit, ajoutant que le choix de célébrer cette Journée mondiale au niveau de la région Souss Massa n’est pas fortuit étant donné que ses zones humides illustrent parfaitement la problématique de l’utilisation de l’eau et la préservation de la biodiversité. Le plan d’action stratégique du Haut-commissariat pour la nouvelle décennie 2015-2024 concernant les zones humides prévoit l’inscription de 30 nouveaux sites Ramsar, la mise en œuvre 60 plans d’action intégrés de restauration des zones humides prioritaires, la sensibilisation de près de 500.000 personnes par an dans le cadre du programme animation nature pour les zones humides et le développement de 4 chaînes de valeurs durables au niveau des zones humides: birdwatching, pêche artisanale, aquaculture intégrée et tourisme halieutique. Cette journée a été marquée par la signature de quatre conventions de partenariat dans le but de renforcer la coopération et de mutualiser et mettre en synergie les moyens pour la préservation de ces écosystèmes naturels d’importance fondamentale. La première convention réunit le HCEFLCD et le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres de France et vise à favoriser les échanges d’expériences et d’expertises et à promouvoir l’ingénierie écologique dans la gestion des zones humides. Le deuxième accord, liant le HCEFLCD et l’Agence Nationale de Développement de l’Aquaculture (ANDA), ambitionne de promouvoir et développer l’aquaculture dans toutes ses composantes continentale et marine. La troisième convention, qui réunit le HCEFLCD et l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCDD), a pour objectif de renforcer la formation et l’information des acteurs concernés par les zones humides, du grand public et des scolaires. Le dernier accord, qui lie le HCEFLCD et la Fédération Marocaine de la Pêche de Loisir (FMPL), vise à promouvoir la pêche responsable, le tourisme halieutique et le développement des programmes éducatifs. Depuis la ratification de la convention Ramsar par le Royaume en 1980, le HCEFLCD, en sa qualité de point focal de la convention Ramsar, oeuvre, en collaboration avec ses partenaires, pour la préservation de ces écosystèmes, pour les faire connaître, en révéler les potentialités et agir dans le sens d’une utilisation rationnelle qui en respecte l’équilibre. Des résultats satisfaisants ont pu être atteints durant le programme décennal 2005-2014, dont notamment la finalisation de l’inventaire national des zones humides du Maroc qui a identifié près de 300 sites sur une superficie de 400 mille hectares. Cet inventaire permet de mettre à la disposition du public (décideurs, aménageurs, chercheurs, enseignants) des connaissances utiles à la gestion durable de ces écosystèmes et l’élaboration de la stratégie nationale de conservation des zones humides.