« Il vaut mieux être dans les centres de décisions des différents conseils (communaux). Prenez l’exemple de la récente guerre autour de la nomenclature des rues (d’Agadir). Si les véritables militants amazighs étaient présents au sein des communes, n’auraient-ils pas changé la donne ? Vous avez vu le résultat de cette épreuve de force et demain, en 2021, si vous n’agissez pas, c’est la dénomination de cette salle, baptisée au nom d’u artiste (Raïs Saïd Achtouk), qui changera aussi !», ainsi s’est adressé Aziz Akhannouch, président du RNI, aux participants au forum portant sur la culture et la langue amazighes tenu récemment à Biougra.
C’est en ces termes non équivoques que le chef de file du RNI incite les véritables Amazighs (sous-entendez tout Marocain conscient de l’identité amazighe du Maroc) à s’intéresser à la chose politique et à s’impliquer dans la gestion des conseils communaux afin de préserver l’identité amazighe et contrer les politiques d’arabisation à outrance des partis arabisants et islamistes à l’instar du PJD dont des responsables ont décidé d’attribuer des noms de villes palestiniennes à 40 rues d’Agadir au détriment des noms à consonance amazighe.
Cette déclaration a eu un effet de choc chez les arabisants et les islamistes qui, à court de répliques convaincantes, ressassent le même discours de l’instrumentalisation de l’amazighité à des fins politiques.
Ces arabisants et islamistes savent très bien qu’ils vont être terrassés dans tout débat autour de l’amazighité parce qu’on ne peut prétendre la défendre, alors que dans les faits on fait tout pour l’annihiler.
Rappelons-nous certains faits :
- En 2003, le PJD (avec le reste des arabisants) a tout mis pour interdire la transcription de l’amazighe en caractères latins, poussant l’IRCAM à opter pour le Tifinagh comme solution alternative.
- Le PJD était intervenu à la dernière minute en 2011 lors de la rédaction de la Constitution pour altérer l’officialisation de l’amazighe en la conditionnant à l’adoption d’une loi organique.
- Le leader du PJD, Abdelilah Benkirane, avait déclaré en 2011 que la stabilité du Maroc est tributaire de trois éléments : la monarchie, l’islam et l’arabe.
En évoquant cette nomenclature palestinienne des rues d’Agadir, Aziz Akhannouch n’a fait que rappeler à ses auditeurs l’agenda arabisant du PJD en déphasage avec l’identité amazighe du Maroc. Et puis, rien n’empêche un politicien d’aborder toutes les questions pour convaincre l’électorat du bien-fondé de son idéologie et de ses programmes.
Akhannouch a tout à fait raison de soulever un débat politique autour de la question amazighe qui concerne des millions de citoyens marocains au grand dam des adeptes de l’arabisation à fond et de l’islam politique, qui sur ce terrain-là, ne peuvent servir que du réchauffé.
Il est temps pour que les véritables militants amazighs se mobilisent pour faire valoir l’identité amazighe et amener la question de l’amazighité sur le devant de la scène politique nationale.
Le RNI, lui, vient d’annoncer la couleur lors de l’ « Aza forum » en présentant une version amazighe de ses statuts.
Mbarek Belkacem