Le défi climatique auquel l’Afrique et son agriculture sont confrontés est vertigineux, a souligné, mercredi à Marrakech, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, M. Aziz Akhannouch.
« Le doublement de la population africaine à horizon 2050 impose à la production agricole africaine de doubler d’ici à 2030 et de tripler à horizon 2050. Cela revient à installer les volumes de production agricole africaine dans une courbe de croissance annuelle moyenne de 4% », a précisé M. Akhannouch dans une allocution à l’occasion de l’ouverture d’une conférence sur « L’agriculture et la sécurité alimentaire » organisée dans la Zone Bleue du village de Bab Ighli qui abrite la COP22 (7-18 novembre).
« Si elle a longtemps été vue comme le ‘mauvais élève’ des négociations climat, l’agriculture est unanimement reconnue aujourd’hui comme porteuse de solutions », a indiqué M. Akhannouch, faisant savoir que « l’adaptation est le levier majeur pour sortir l’agriculture africaine de l’ornière climatique dans laquelle elle se trouve ».
Dans cette même ligne, le ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll, a rappelé qu’à « la veille de la COP21, l’agriculture était montrée du doigt comme un risque, comme un problème. Ce que nous cherchons de montrer au contraire c’est que l’agriculture peut être une partie de la solution ».
A cet égard, M. Le Foll a mis en avant les techniques de stockage de carbone dans les sols, expliquant que « l’intérêt de cette solution est double: elle atténue la présence de carbone dans l’atmosphère tout en fertilisant le sol, ce qui permet d’atténuer les effets des changements climatiques en résolvant en partie la problématique de la sécurité alimentaire, en particulier pour le continent africain ».
Pour sa part, la Vice-présidente du Développement durable au sein de la Banque mondiale, Laura Tuck, a appelé à rediriger les subventions publiques déjà disponibles spécifiquement vers les actions d’atténuation et d’adaptation.
De cette manière, a-t-elle dit, « nous pourrions avoir un gros impact sans avoir besoin de mobiliser davantage d’argent et renforcer la résilience des agriculteurs ».
La plupart des pays considèrent l’agriculture comme faisant partie de leurs priorités en termes d’adaptation et d’atténuation pour aider à limiter la montée globale des températures, conformément à l’Accord de Paris sur les Changements climatiques. 95% de tous les pays incluent ce secteur dans leurs INDC. Les pratiques telles que l’usage de variétés de céréales efficaces en matière de nitrogène et de résistance à la chaleur, l’amélioration de l’utilisation des ressources hydriques et la gestion durable des sols conduisent à des amélioration aux niveaux de la sécurité alimentaire et de la résiliences aux changements climatiques.
