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Algérie : Imbroglio autour du secrétaire général du parti au pouvoir

Djamel Ould Abbès, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir), est-il malade ou a-t-il effectivement démissionné de son poste ? La question est posée.

Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), mouvement du président algérien Abdelaziz Bouteflika, a été victime mercredi d’un malaise, a affirmé un dirigeant du parti, cité par l’AFP, qui a indiqué que celui-ci a toutefois démenti la démission de l’intéressé annoncée plus tôt par  l’agence officielle Algérie Presse Service (APS).

Traditionnel porte-voix des autorités, l’agence Algérie Presse Service (APS), citant   « une source officielle » non identifiée, a annoncé mercredi après-midi la démission, « en raison de soucis de santé qui lui imposent un congé de longue durée », de Djamel Ould Abbès, élu en 2016 à la tête du FLN, l’ancien parti unique. Mercredi, lors d’une « séance de travail », Ould Abbès, 84 ans, « a été victime d’un  malaise et a été transporté à l’hôpital, où le médecin lui a prescrit un arrêt de  travail », a de son côté expliqué à la presse Ahmed Boumehdi, membre du bureau politique du FLN.

Démenti de démission

Il a, en revanche, démenti que l’intéressé ait démissionné. « Il n’y a pas eu de démission, on attend son retour (…), le parti fonctionne normalement »,  a-t-il assuré, selon des images retransmises sur les chaînes d’information algériennes depuis le siège du FLN. Selon plusieurs médias algériens, Ould Abbès a été transporté à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja, à Alger. Réputé proche du président Bouteflika, dont il est un soutien inconditionnel, Ould Abbès avait aussi annoncé fin octobre que le chef de l’État serait le candidat du FLN à la présidentielle de 2019 alors que les spéculations autour de cette candidature    monopolisent la vie politique algérienne. Principal animateur de la campagne en faveur d’un cinquième mandat de Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, il avait dû admettre 24 heures plus tard n’avoir « pas encore      eu de réponse » du chef de l’État après l’avoir sollicité à ce sujet. Précision de taille : Ould Abbès ne fait pas l’unanimité au sein du FLN, qui dirige le pays depuis son indépendance en 1962. Depuis son élection, il a sans cesse repoussé la convocation du comité central, censé se réunir annuellement.

Autre son de cloche

Selon l’agence panafricaine Pana, citant des sources médiatiques dans la capitale algérienne, le secrétaire général du Front de libération nationale, Djamel Ould Abbès, a décidé mercredi de quitter ses fonctions en raison de « soucis de santé ». Et d’ajouter que la presse a qualifié de « démission » et de « tremblement politique » ce départ du secrétaire général du FLN. Selon la Pana, citant l’agence APS, officielle, l’intérim du secrétaire général du parti sera assuré par Moad Bouchareb, président du Parlement, en attendant que les organes habilités du FLN se prononcent sur son remplacement. Il y a lieu de noter que le FLN a enregistré ces derniers temps des divisions internes qui ont entraîné la destitution de l’ancien président du Parlement Saïd Bouhadja et des informations avaient laissé entendre que c’est Djamel Ould Abbès qui était derrière le retrait de la confiance des groupes parlementaires à Bouhadja. Pour rappel, le démissionnaire avait pris la tête du parti en octobre 2016, en remplacement de l’ancien secrétaire général qui avait aussi démissionné de manière surprenante.

Duel avec Tayeb Louh, ministre de la Justice

Mardi, Djamel Ould Abbès avait publiquement désavoué Tayeb Louh, membre du comité central du FLN et ministre de la Justice, après que ce dernier eut implicitement mais violemment critiqué le Premier ministre Ahmed Ouyahia, patron du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du FLN au sein de la majorité. Louh avait fait allusion à l’emprisonnement jugé abusif de nombreux cadres d’entreprises publiques durant les années 1990, à l’époque où Ouyahia occupait une première fois le poste de Premier ministre. Il avait aussi souligné que le président Bouteflika  avait récemment annulé en conseil des ministres plusieurs taxes que souhaitait instaurer  le chef du gouvernement. Les propos de Louh « n’engagent en rien le FLN », il « agit en tant que ministre et non comme militant du FLN », avait réagi Djamel Ould Abbès auprès du quotidien Liberté. « Le FLN n’est pas du tout concerné par cette histoire », avait ajouté Ould Abbès, qui, dans un passé récent, n’a pourtant pas épargné Ouyahia.

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