Le réalisateur iranien Asghar Farhadi, dont le dernier film, « Le Client », est nominé dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère », a annoncé qu’il n’assisterait pas à la cérémonie de remise des Oscars, le 26 février, même si les restrictions édictées par Donald Trump aux ressortissants de sept pays ne s’appliquent pas à lui.
Asghar Farhadi a donné en 2012 à l’Iran son premier Oscar du meilleur film en langue étrangère avec son film « Une séparation ».
Taraneh Alidoosti, la vedette féminine du « Client », a annoncé d’ores et déjà, jeudi dernier, qu’elle n’irait pas à la cérémonie de remise des Oscars, pour protester contre l’interdiction de visas aux Iraniens, mesure qu’elle juge « raciste ».
Donald Trump a promulgué un décret interdisant l’immigration aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays majoritairement musulmans : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen.
« Les conservateurs, quels que soient leurs nationalités, leurs arguments politiques et les situations de guerre, considèrent et comprennent le monde de manières très semblables », a estimé Asghar Farhadi dans un communiqué publié par le New York Times et par certains médias iraniens.
Les durs du régime iranien avaient critiqué avec virulence le film « La Séparation », qui illustre l’inégalité entre les sexes au sein de la République islamique et la volonté de nombreux Iraniens de quitter leur pays.
Ils avaient parlé à ce propos du pire film iranien jamais tourné, le jugeant incompatible avec la morale islamique et contraire au patriotisme.
L’Académie des Oscars a jugé « extrêmement inquiétante » l’interdiction décrétée par Donald Trump, faisant remarquer qu’Asghar Farhadi, ainsi que toute l’équipe du film nominé, pourraient se voir interdire d’entrée aux Etats-Unis du fait de leur nation.
