La police colombienne a procédé à l’arrestation de l’ancien ministre délégué chargé du transport, Gabriel Garcia Morales, soupçonné d’avoir reçu des pots de vins en 2009 de la part du géant brésilien du BTP « Odebrecht », rapporte vendredi la presse locale.
Accusé d’avoir reçu 6,5 millions de dollars de pots-de-vins, Morales a été arrêté dans le cadre d’une enquête lancée par la justice colombienne concernant un réseau de corruption bâti par la société brésilienne à l’étranger au cours des 15 dernières années, précise la même source.
« Le procureur général dispose de preuves que l’ex-responsable a exigé le paiement de 6,5 millions dollars de la part d’Odebrecht contre la garantie que la compagnie brésilienne sera la seule à s’adjuger l’appel d’offres pour la construction du deuxième tronçon de la Ruta del Sol », un important couloir routier reliant Bogota aux principales villes du pays, selon l’acte d’accusation, signé par le procureur général chargé de l’enquête, Nestor Humberto Martinez.
Garcia est le premier ancien responsable arrêté en relation avec le réseau de corruption mis en place par Odebrecht, a relevé M.Martinez, en précisant que la justice colombienne cherche à déterminer si d’autres responsables étaient impliqués.
Garcia, qui était responsable de l’instance nationale chargée de l’octroi des concessions routières avant de devenir ministre délégué du transport sous l’administration du président de droite Alvaro Uribe, pourrait être poursuivi pour corruption, détournement de fonds et malversations.
La société Odebrecht aurait payé environ 11 millions de dollars à des représentants du gouvernement colombien contre l’obtention de contrats de construction entre 2009 et 2014.
Outre la Colombie, plusieurs pays latino-américains ont lancé des enquêtes contre Odebrecht, après que la compagnie ait reconnu avoir versé environ 1 milliard de dollars de pots-de-vin contre l’obtention de marchés en Angola, Argentine, Colombie, République dominicaine, Equateur, Guatemala, Mexique, Mozambique, Panama, Pérou et au Venezuela.
En décembre dernier, Odebrecht et sa filiale Braskem se sont acquittés d’une amende historique de 3,5 milliards de dollars aux autorités brésiliennes, suisses et américaines pour avoir mis en place un stratagème de corruption massif pendant plus d’une décennie sur trois continents, rappelle-t-o
