A la une | Economie | International

Brésil: Une centaine de hauts responsables visés par une enquête pour corruption

Un juge du Tribunal suprême fédéral, la plus haute juridiction du Brésil, a ordonné, mardi, l’ouverture d’enquêtes pour corruption contre une centaine de hauts responsables brésiliens, dont des ministres, des députés et des sénateurs.

Au total, 108 personnalités de premier plan dont, neuf ministres et un tiers des membres du gouvernement actuel figurent sur la liste des personnes concernées par l’enquête sur le réseau de corruption qui a fait perdre près de deux milliards de dollars à la compagnie pétrolière nationale Petrobras.

Les noms d’une bonne partie des personnes visées par l’enquête ont été mentionnés par 77 anciens cadres de l’entreprise de BTP « Odebrecht » dans le cadre d’un accord de délation avec la justice contre de futures remises de peine, que la presse brésilienne appelle la « confession de la fin du monde ».

Ce grand déballage cause des ravages dans les cercles politiques et économiques, avec près de 250 personnes inculpées, tel l’ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, dont l’ancien chef de cabinet, José Dirceu, a été condamné à 23 ans de réclusion.

L’ancienne présidente destituée, Dilma Rousseff, son prédécesseur à la magistrature suprême Fernando Henrique Cardoso (1995-2002), le ministre de la maison civile, Eliseu Padilha, l’actuel ministre des Relations extérieures, Aloysio Nunes, le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, les présidents des deux chambres du Congrès national Rodrigo Maia (chambre des députés) et Eunicio Oliveira (Sénat), ainsi que 29 sénateurs, 42 députés et trois gouverneurs figurent sur cette liste distribuée à la presse brésilienne et internationale.

Une bonne partie de ces personnes, accusées de corruption passive et active, de délinquance financière, de blanchiment d’argent ou d’association de malfaiteurs, bénéficie de l’immunité que leur confère leur fonction et ne peuvent être jugées que par le STF, tandis que le président Temer, dont le nom a été cité dans les confessions des anciens cadres d’Odebrecht, ne peut être poursuivi étant donné que les chefs d’Etat brésiliens ne peuvent être jugés que pour des délits perpétrés au cours de leur mandat.

Selon plusieurs experts, le lancement d’une enquête de cette ampleur est ressentie comme un « véritable tsunami » par les cercles politiques et économiques, étant donné que plusieurs hommes d’affaires ont été arrêtés dans le cadre du scandale de Petrobras.

Depuis son lancement en mars 2014, l’enquête lavage rapide a mis à nu un grand cartel entre les géants du BTP (Odebrecht) et pétrolier (Petrobras), dont les membres s’entendaient pour se partager des marchés surfacturés, contre pots de vins aux différents grands partis politiques brésiliens.

En trois années de procédure, l’enquête a mené à plus de 130 condamnations en première instance totalisant 1.317 années de prison et a permis le rapatriement et la saisie de milliards de réals.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *