Cheikh Hamza al-Qadiri al-Boutchichi, décédé meccredi à l’âge de 95 ans à Oujda, est un grand maître de la voie souffre.
Il est le chef de l’une des plus grandes confréries soufies du Maroc, la Zaouia Boutchichiya, qui compte des dizaines de milliers d’adeptes dans le pays et à l’étranger.
Il sera inhumé jeudi dans son fief de Madagh –où se trouve sa confrérie– à une quarantaine de km au nord d’Oujda.
Considéré comme un « maître vivant » par ses disciples, adulé pour sa sagesse et sa bonté, Sidi Hamza dirigeait la confrérie Boutchichiya depuis 1972. Il était un descendant du prophète et surtout d’une longue lignée de maîtres spirituels de la voie soufie.
Il avait désigné son fils aîné, Jamal, pour lui succéder, selon un porte-parole de la confrérie, Mounir Al Boutchichi.
Ces dernières années, des visiteurs du monde entier venaient entendre ses enseignements dans la petite localité de Madagh, où il recevait, affaibli et alité.
Tous les ans, des dizaines de milliers de personnes convergent vers Madagh à l’occasion du Mawlid Annabaoui.
Tradition ésotérique de l’islam, souvent méconnu du grand public, le soufisme est en opposition avec le formalisme des salafistes, wahhabites et autres tenants d’un islam rigoriste.
Avec des centaines de millions d’adeptes dans le monde, il imprègne la culture populaire dans de nombreux pays, en particulier au Maroc. Le rappeur français Abd al Malik est l’un de ses adeptes et chantait ses louanges dans son album « Gibraltar ».
Le soufisme se veut le « coeur » de l’islam, sa voie spirituelle, un chemin initiatique de transformation intérieure où la connaissance de soi conduit à celle de l’autre et à celle de Dieu.
Pour les soufis, Dieu est à la fois proche et inaccessible. Il est un trésor caché dont on trouve le signe au coeur de tous les êtres. Guidé par un maître, l’élève soufi veut retrouver cette réalité divine, oublier son ego pour se perdre dans l’amour de Dieu.
Il pourra y parvenir par des exercices spécifiques, comme l’étude du Coran, mais aussi les chants (samaa), les danses et le dhikr (invocations divines), avec ses transes spectaculaires.
La Shadhiliya, la Tijaniya, la Naqshbandiya et la Qadiriya figurent parmi les confréries les plus connues. Le soufisme est présent au Maghreb, en Afrique sub-saharienne, en Anatolie, au Moyen-Orient ainsi qu’en Asie Centrale.
