Suite au discours royal du 6 novembre 2019, à l’occasion du 44e anniversaire de la Marche verte, et son appel à la réalisation d’une ligne ferroviaire entre Marrakech et Agadir, le projet est définitivement à l’ordre du jour.
Certes, l’idée n’est pas nouvelle mais la volonté de sa concrétisation est prise plus au sérieux depuis la visite du Roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. Cette visite s’était distinguée par l’établissement d’un partenariat stratégique entre les deux pays.
Plusieurs conventions économiques furent signées alors dont l’une relative aux infrastructures ferroviaires. Ce qui témoigne de l’intérêt que les deux parties portent à ce secteur.
Les choses n’ont pas traîné puisque dès le 21 juin 2016 une délégation chinoise composée notamment de membres de China Railway, entreprise publique chinoise qui fournit des services de transport ferroviaire de passagers et de fret, arrivait au Maroc pour une visite sur le terrain entre Marrakech et Agadir, afin d’étudier le relief et la faisabilité technique d’une éventuelle liaison ferroviaire.
S’en est suivie une rencontre entre les responsables marocains et chinois avec la visite au Maroc d’une 2e délégation chinoise plus importante le 14 décembre 2016.
De son côté, le DG de l’ONCF Rabie Lakhlie s’est réuni à la mi-février 2017 sur le même sujet avec les autorités locales de la région d’Agadir.
Depuis, ce dossier a toujours été présent dans la cadre de la mise en œuvre de ce partenariat stratégique entre les deux pays. En effet, lors de la visite en Chine de du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Nasser Bourita, et sa rencontre avec son homologue chinois Wang Yi, en marge du 8e sommet sino-arabe, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de développer la coopération dans les domaines des zones industrielles, des ports, de la 5G et encore des chemins de fer.
Plus récemment, en avril 2019, à l’occasion de la tenue du 2e forum « La ceinture et la route », initiative chinoise pour constituer un réseau de commerce, d’investissement et d’infrastructures avec l’Europe et l’Afrique, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération, a déclaré que le Maroc était prêt à coopérer avec la Chine en matière de commerce, d’investissement et de construction ferroviaire, ajoutant que les entreprises chinoises sont les bienvenues, non seulement au Maroc, mais aussi pour y trouver un tremplin vers l’Afrique.
Et les Français?
Sur une question du groupe du Rassemblement constitutionnel quant à l’avancement du projet d’extension de la Ligne à grande vitesse Tanger-Casablanca vers Agadir, à 460 kilomètres plus au sud, le ministre de l’Equipement, des transports, de la logistique et de l’eau, Abdelkader Amara avait déclaré que les études techniques du Train à grande vitesse (TGV) pour relier Marrakech à Agadir par une voie ferrée « prendront des années ».
Le responsable gouvernemental a fait savoir qu’en ce qui concerne ce tronçon (Marrakech-Agadir) « il existe un protocole d’accord avec un pays étranger ». En ce sens, une source proche du ministre, citée par Hespress FR, a expliqué qu’il s’agit d’un mémorandum signé avec une société française, mais que « l’ampleur du projet, notamment dans son volet études et prévisions requiert une discrétion dans le travail ».
Abdelkader Amara a pour sa part précisé que ce grand chantier qui devrait rallier pour la première fois la ville d’Agadir au réseau national de chemin de fer« rentre dans le cadre du programme ferroviaire 2040. Mais encore une fois, nous n’avons pas encore de données précises ».
Ce qui parait clair dans ce projet, c’est que l’ONCF ne peut plus investir dans les infrastructures en raison de son taux d’endettement qui a atteint 148% de ses fonds propres. L’Etat devrait donc prendre la relève.