Plusieurs Chefs d’Etat africains dont Macky Sall, ont appelé, mardi, à un nouvel ordre mondial plus solidaire et équitable afin d’aider le continent et ses habitants à faire face aux conséquences économiques, sociales et sanitaires difficiles engendrées par la pandémie du Covid-19, à l’occasion d’une table ronde virtuelle organisée par le New York Forum Institute.
Intervenant lors de cette conférence, organisée sous le thème « Pour un monde résilient : l’appel de l’Afrique en faveur d’une nouvelle gouvernance mondiale », le Président sénégalais Macky Sall a plaidé pour « un nouvel ordre mondial » basé sur les valeurs humaines et la solidarité internationale pour aider l’Afrique à faire face à l’impact de la pandémie sur les économies et les progrès sociaux réalisés jusqu’ici.
« Nous considérons que malgré les financements et les transactions mondiales qui se chiffrent quotidiennement en trillions de dollars, l’humanité n’a pas été capable de développer une solidarité entre les pays, malgré les appels et le comportement de l’Afrique qui a pu être résiliente à la pandémie en termes de nombre de contamination et de décès », a dit M. Macky Sall.
Ainsi, pour le Président sénégalais, l’humanité n’a pas tiré des leçons suffisantes de la pandémie du Covid-19. « Aujourd’hui, vous avez des pays qui ont la capacité de dire, nous levons mille milliards de dollars ou deux mille milliards de dollars. La simple évocation de cette volonté suffit à ces pays pour mobiliser ces ressources, alors que des pays comme les notre, malgré leurs efforts, ne sont pas en mesure de lever de tels montants pour financer non seulement la riposte sanitaire, mais aussi pour protéger l’économie et l’emploi », a-t-il regretté.
Par conséquent, « il faut que ce système international change », a-t-il insisté. « Moi, je plaide pour un nouvel ordre mondial basé sur plus de justice sociale et plus d’équité, car ce que nous vivons est encore la conséquence d’un modèle économique qui découle de la Seconde Guerre mondiale, et tout a été bâti sur ce modèle alors que l’Afrique n’était pas encore indépendante », a rappelé M. Sall.
Et de s’interroger sur le sort de 1,3 milliard d’Africains « lorsque le vaccin à la Covid-19 sera découvert et que les pays qui vont le découvrir n’acceptent pas de le partager ». « Nous appelons aussi pour que le vaccin, quel que soit le pays qui va le découvrir, soit partagé avec l’ensemble de l’humanité », a-t-il dit.
De son côté, le Président du Niger, Mahamadou Issoufou, a souligné que la crise du Covid-19 « nous rappelle notre communauté de destin, qui doit amener à réfléchir sur la conception et la mise en œuvre d’un nouveau paradigme (…) qui suppose une nouvelle gouvernance politique et économique mondiales plus démocratiques ».
Il a ainsi appelé à accélérer l’intégration politique et économique du continent africain et à des institutions démocratiques fortes capables de promouvoir une bonne politique économique dans les différents Etats du continent.
« Ce sont ces questions-là qui doivent alimenter le débat au niveau continental et mondial », a insisté le Président Issoufou, estimant que ce débat ne doit plus être « éludé ».
« On ne peut plus éluder la question de la réforme, par exemple, des institutions des Nations-Unies, notamment celle du Conseil de sécurité. On ne peut plus éluder le débat sur les inégalités et la nécessité d’une nouvelle dynamique sur la répartition des richesses à l’échelle mondiale et à l’échelle de chaque pays. Ce débat, comme on le sait, a préoccupé des générations d’économistes, mais la question n’est pas technique, elle est politique », a-t-il affirmé.