Olivier Revol, une sommité de la neuropsychiatrie et de la pédopsychiatrie, était ce weekend end à Agadir. Le chef du Centre des troubles des apprentissages à l’hôpital neurologique de Lyon s’était rendu à la capitale du Souss pour présider les travaux de la 2ème édition de la journée nationale des DYS. Une occasion en or pour les parents, les enseignants, les cadres éducatifs, les neuropsychiatres, les pédopsychiatres, les psychomotriciens, les orthophonistes, les orthoptistes, les phoniatres, les audiologistes, les graphotérapeutes,…d’assister aux conférences de ce spécialiste qui milite depuis plus de vingt ans pour que chaque enfant puisse accéder au plaisir d’apprendre.
Tout était au beau fixe. La météo de ce samedi était belle et l’énergique Salwa Lmimouni avait tout prévu dans les moindres détails pour un déroulement sans faille de cet événement. Le programme réservait au spécialiste français une conférence plénière qu’il devait donner le matin et un atelier à animer l’après-midi. Mais c’était sans compter sur le « quiétisme » à outrance des locaux. Voir un expert de ce calibre, habitué aux plateaux des grandes chaînes de télévision, étaler son savoir et ses expériences devant une poignée d’assistants laisse un profond goût d’amertume et de frustration.
Pourtant, au niveau d’Agadir et sa région, les enfants atteints de DYS (dyslexie, dyspraxie ou dysphasie) se comptent par centaines et la présence de l’expert français était une occasion pour démystifier les troubles cognitifs spécifiques et les troubles des apprentissages et présenter les dernières méthodes pour les surmonter.
Hélas, dans les écoles, y compris celles du secteur privé, et dans les foyers on continue à violenter les enfants atteints de troubles déficitaires de l’attention ou pénaliser lors des examens les enfants atteints de DYS pour la simple raison que les parents, les enseignants et les cadres éducatifs ne sont pas assez ou ne sont pas du tout informés et/ou formés à propos de ces troubles. Voilà pourquoi l’association « Génération DYS en faveur des jeunes à besoins spécifiques » milite pour assurer à ces enfants et jeunes à besoin pédagogique particulier une égalité d’accès aux apprentissages.
Les troubles cognitifs spécifiques qui apparaissent au cours du développement de l’enfant, avant ou lors des premiers apprentissages, et persistent à l’âge adulte, peuvent avoir des répercussions sur la vie scolaire, professionnelle et sociale, et peuvent provoquer un déséquilibre psycho-affectif. Leur repérage, leur dépistage et leur diagnostic sont déterminants. Voilà pourquio l’action d’associations telles « Generation DYS » est importante et a besoin d’appui et de soutien.
Espérons donc que l’affluence aux prochaines éditions de la journée nationale des DYS sera plus importante pour donner à ce genre d’initiatives l’aura qu’elles méritent.